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Les Toiles d'Asie, c'est :
  • le cinéma asiatique d'hier et d'aujourd'hui
  • des critiques volontairement synthétiques, qui préservent la curiosité du spectateur
  • nouveau : des analyses thématiques détaillées, pour exploiter le film

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Lundi 21 juillet 2008
1997, Japon

Réalisé par Sogo Ishii

Avec : Tadanobu Asano, Kotomi Kyono

Scénario : Sogo Ishii

Genre : Drame

1h30


 


 


 


 




Le Synopsis

Japon, années 30. Tomiko est poinçonneuse dans une compagnie de bus. Elle se retrouve à travailler aux côtés de Niitaka, l'ex-fiancé de son amie Tsuyako, disparue dans de mystérieuses circonstances. Malgré ses soupçons, Tomiko tombe sous le charme du jeune chauffeur.


La Critique

Les premières scènes paraissent si mal assemblées que l'on craint la sortie de piste, l'amateurisme sans saveur, un autre drame social lénifiant. L'intrigue se dévoile timidement, entrecoupée de scènes hallucinées que l'on peut juger par moment inopportunes ou bancales. Les effets de répétition peuvent lasser, une fadeur s'installer.

Pourtant, l'exigence de l'image associée à un goût prononcé pour la tradition cinématographique japonaise nous invitent à dépasser cet écran de fumée. En particulier, Tadanobu Asano surprend en amant mystérieux un brin suicidaire, et rappelle certaines figures des productions des années 50.

Le film se construit pièce par pièce, comme un casse-tête poétique en noir et blanc, et les éléments s'ajustent, s'imbriquent, s'entrechoquent parfois, pour former une bulle hermétique. Et c'est là l'inévitable reproche qu'il faut adresser à Yume no ginga : en enveloppant sa narration d'une esthétique formalisée, le film devient un objet entier mais clos, qui ne dévie pas de ses rails, au risque de laisser nombre de spectateurs sur le quai.

Au final, Yume no ginga est à voir comme une succession de scènes ou plus précisément de tableaux, tant l'immobilisme s'impose dans les vues comme dans les silences. Réalisation somnambulique, photo éthérée, le songe dérange dans sa forme et ravit ceux qu'il n'endort pas.




Ne manquez pas :
> Tadanobu Asano dans : Ichi the Killer, Jellyfish, Takeshis', Vital
> Kotomi Kyono dans : Takeshis'





Par Guillaume Vanneste - Publié dans : Drame
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Lundi 10 mars 2008
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2007, Chine, Etats-Unis, Taiwan

 

Réalisé par Ang Lee

Avec : Tony Leung Chiu Wai, Tang Wei, Leehom Wang

Scénario : Ang Lee, Hui-Ling Wang (d’après l’oeuvre d’Eileen Chang)

Genre : Drame, Romance

2h38

 

Int. -12 ans

 

 





Le Synopsis

Sous l’occupation japonaise pendant la 2nde Guerre Mondiale, un groupe d'étudiants chinois combat les traîtres ralliés à la puissance japonaise. La jeune Wong séduit M. Yee, redoutable figure de la collaboration. Mais leur relation devient bien plus complexe que tous ne l’avaient imaginée.

 

La Critique

Fort de succès internationaux qui témoignent d’un éclectisme sans cesse renouvelé, Ang Lee reconstitue avec panache la complexité des rapports humains dans une période de conflit larvé.

Parce qu’elle ne veut pas voir son pays mourir des mains de traîtres vendus à la puissance japonaise la timide Wong s’invente une nouvelle identité, celle de Mme Wak, femme d’un homme d’affaires trop absent, une nouvelle vie faite de longues soirées autour d’un jeu de mah-jong en compagnie de femmes précieuses, un nouveau but, celui de piéger M. Yee, symbole de l’infâme collaboration.

Mais la séduction est un jeu dangereux, au cours duquel Yee se révèle aussi prudent qu’imprévisible, allant jusqu’à montrer à Mme Mak qui mène véritablement la danse. Une tension délicate mais inévitable croît au fil des scènes, accompagnée d’espoirs et de craintes mêlées. Le réalisme est poussé dans les moindres détails, des films américains aux affiches de publicité française.

Un jeu d’acteurs profond, un scénario subtil, un soin particulier apporté à l’image n’en finissent pas de transcender les passions interdites qui guident le scénario au-delà de sa volonté première, emportant les personnages et les spectateurs dans un abyme de perdition. Le plus difficile étant assurément d’éviter les clichés et la chute facile dans la tragédie ; à aucun moment Ang Lee ne trébuche.

Sans mièvrerie ni parti-pris, la réalisation ambitieuse de Lust Caution sublime les justes excès de l’amour brut(al) dans un cadre d’exception. Réussite totale pour cette histoire à l’issue impossible. Du grand cinéma, rien de moins.

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Par Guillaume Vanneste - Publié dans : Drame
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Mercredi 5 mars 2008
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2004, Chine, Hong-Kong

 

Réalisé par Soi Cheang

Avec : Eason Chan, Niki Chow, Carl Ng

Scénario : Kam-Yuen Szeto

Genre : Thriller

1h36

Titre original : Ai zuozhan

 


 




Le Synopsis

Yui et Chin partagent les hauts et les bas d’un couple normal. Alors qu’ils s’apprêtent à partir en voyage, Yui est pris en otage par des membres de la pègre. Chin met tout en œuvre pour le libérer.

 

La Critique

Les apparences sont trompeuses. Jusqu’alors, les scènes les plus violentes pour le couple se limitent à de banales disputes sur la nourriture, les absences de l’un ou les goûts extravagants de l’autre. Tous deux étaient bien loin de s’imaginer ce à quoi leur couple serait confronté.

Après un incipit doucereux et romantique, Love Battlefield s’oriente vers un registre plus musclé, où les fusillades sont à l’honneur, autant que les sales gueules qui les mènent, et le déferlement de violence qui s’ensuit. Un traitement classique des gun fights, réussi dans la sincérité des affrontements, mais bancal dans certains choix visuels, en particulier s’agissant des gros plans et des ralentis.

Au milieu de ce chaos, les amants séparés qui, il y a peu, se fuyaient, désormais se cherchent, se poursuivent, se manquent. L’otage autrefois impotent se découvre une âme de héros, du moins de résistant. Un champ de bataille comme passage obligé vers l’amour vrai, une parabole déjà employée dans nombre de films de sabre, et ici appliquée aux temps modernes.

A saluer, la gestion surprenante de l’intrigue dans la dernière demi-heure, qui accroît la tension, complexifie habilement le cheminement narratif et resserre l’étau sur les personnages avec une théâtralité bienvenue. On regrettera toutefois un léger manque de prestance des acteurs, ainsi que pléthore de dialogues inappropriés. Le silence est d’or…

Production un peu déséquilibrée mais honnête, Love Battlefield mérite de ne pas être mis à l’écart par les amateurs de cinéma moderne et novateur. Le mélange n’étant pas toujours apprécié à sa juste valeur, les puristes préféreront sûrement les réalisations plus classiques d’un Johnnie To.

Par Guillaume Vanneste - Publié dans : Thriller
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Lundi 11 février 2008
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1992, Hong-Kong

 

Réalisé par Tsui Hark

Avec : Jet Li, Rosamund Kwan, Donnie Yen

Scénario : Tsui Hark, Chan Tin-suen, Cheung Tan

Genre : Action

1h48

Titre original : Wong Fei Hung ji yi : Naam yi dong ji keung

 

 

 





Le Synopsis

Implantés à la fin du XIXe siècle sur la côté Est de la Chine, les Anglais doivent faire face au pouvoir grandissant de la secte du lotus blanc à l’idéologie ultranationaliste. Le Docteur Wong Fei-Hung tente de rétablir l’ordre, aux côtés du révolutionnaire Sun Yat-sen.  

 

La Critique

Aidé par un premier opus efficace, Il était une fois en Chine II poursuit sa découverte de la Chine moderne avec un schéma similaire : combats traditionnels et peinture socio-politique sans concession, agrémentés de touches comiques.

Rappelez-vous : les impérialistes occidentaux sont parvenus à prendre position en Chine du Sud, introduisant ainsi leurs coutumes et leurs cultures, non sans heurts. Désormais, le clivage avec la population s’accroit. Aveuglés, assujettis à une secte obscure qui érige en valeur suprême des pouvoirs divins somme toute très contestable, les civils chinois sont prêts à tout pour bouter les Anglais.

Jet Li excelle en rôle de protecteur, une position ambiguë qui l’amène à défendre les occidentaux tout en négociant avec les siens. La présence d’adversaires à la hauteur permet des affrontements épiques. Coups et acrobaties spectaculaires se chargent de maintenir entre les parties un équilibre aussi précaire que celui des lieux d’affrontements, faits de bric et de broc. La moindre ressource est ici employée au service d’un dynamisme constant et renouvelé.

Le scénario assume sa complexité, jouant pleinement la carte de l’ennemi intérieur, des complots sanglants et des trahisons multiples. Bouffées d’oxygène dans une atmosphère saturée de combats et de coups bas, les passages comiques sont appréciés, et leur naïveté voulue renforce une authenticité parfois altérée par des effets mal avisés. 

Au-delà du film d’arts martiaux – remarquable, d’ailleurs – La Secte du Lotus Blanc explore plus en profondeur les maux qui empoisonnent un espace tenaillé entre tradition et modernité. Un fil rouge solide que le spectateur doit s’efforcer de suivre, malgré quelques choix de réalisation contestables.

 

A voir aussi :
> Tsui Hark dans : Il était une fois en Chine, Seven Swords, Zu, les Guerriers de la Montagne Magique
> Jet Li dans : Il était une fois en Chine, Hero, Evil Cult
> Rosamund Kwan dans : Il était une fois en Chine
> Donnie Yen dans : Hero, SPL, Seven Swords
Par Guillaume Vanneste - Publié dans : Action
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Vendredi 1 février 2008
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1991, Hong-Kong

 

Réalisé par Tsui Hark

Avec : Jet Li, Jacky Cheung, Rosamund Kwan

Scénario : Yiu Ming Leung, Pik-yin Tang, Tsui Hark, Kai-Chi Yun

Genre : Action

2h06

Titre original : Wong Fei Hung

 

 

 




Le Synopsis

Fa Shan, en Chine du Sud, à la fin du XIXe siècle. Anglais et Américains se disputent le contrôle des zones portuaires. Le Docteur Wong Fei-Hung, maitre en kung-fu, tente de maintenir l’ordre parmi les civils chinois.

 

La Critique

Largement inspiré d’un personnage historique, la fresque Il était une fois en Chine mêle à un rythme haletant chroniques politiques, mutations sociales et convergences culturelles. Le tout avec un goût prononcé pour la tradition chinoise de films d’arts martiaux.

Le premier opus s’installe confortablement dans un espace narratif particulièrement clivé. La pénétration de l’Occident en Chine est multiforme : depuis le politique avec les tentatives de pression jusqu'au culturel avec l’introduction de l’appareil photo ou du costume, en passant par le rêve de l’enrichissement personnel au Etats-Unis, les clichés abondent pour dénoncer un début d’ingérence qui met en péril l’équilibre-même de la société chinoise. Film d’action, certes, mais non moins engagé.

Jet Li remplit parfaitement son rôle en incarnant ce médecin charitable, juste, tempéré, véritable icône de la défense des droits des Chinois. Et pour ce faire, les talents martiaux sont aussi les bienvenus, révélés dans des scènes souvent brutes et parfois brouillonnes, mais toujours bouillantes et très fidèles à la tradition.

Le scénario, largement guidé par la tension due à la présence occidentale, apporte peu de surprises, mais sait nourrir l’appétit du spectateur jusqu’au final remarquablement aérien. On appréciera également le ton parfois léger, les postures cocasses et les situations loufoques. Jusque dans la réalisation des passages a priori peu importants, Tsui Hark a fait valoir la tradition sur la modernité.

En dépit d’une image plutôt décevante et d’une bande son très basique, Il était une fois en Chine remplit ses objectifs. Le décor est planté, la saga peut continuer. A noter enfin l’influence notable du film sur la trilogie Matrix. Je vous laisse faire les parallèles…

Par Guillaume Vanneste - Publié dans : Action
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