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Les Toiles d'Asie, c'est :
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  • nouveau : des analyses thématiques détaillées, pour exploiter le film

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Mercredi 14 mars 2007

The Returner

(2003, Japon)

 

Réalisé par Takashi Yamazaki

Avec : Takeshi Kaneshiro, Anne Suzuki, Goro Kishitani

Scénario : Takashi Yamazaki, Kenya Hirata

Genre : Science-fiction, Action

1h57

Titre original : Ritaanaa








Le Synopsis

En 2084, la race humaine est péril, menacée par les extra-terrestres. Une jeune fille nommée Milly est envoyée dans le Japon d’aujourd’hui pour changer le cours des choses.

 

La Critique

Jamais film japonais n’aura mieux mérité le titre de blockbuster. Cette superproduction fait de l’alliance de l’action et de la science-fiction un cocktail détonant.

C’est tout d’abord sur les épaules de Takeshi Kaneshiro que repose le film. Star montante en Extrême-Orient, ses collaborations avec les plus grands – Wong Kar-Wai, Corey Yuen, Johnnie To et Zhang Yimou – lui permettent d’offrir un jeu hybride, à la fois musclé dans la confrontation avec Goro Kishitani, et sentimental dans ses rapports avec Anne Suzuki.

L’intrigue, véritable medley d’influences hollywoodiennes pur sang, assume sans complexe ses inspirations directement issues d’E.T., Matrix ou encore Mission Impossible. Du coup, on regrettera l’absence de prise de risque réelle et d’innovation : une fois de plus la SF moderne peine à se sortir du sillon creusé depuis deux décennies.

Les amateurs trouveront donc dans The Returner les sources de leur satisfaction visuelle, nourries d’effets classiques mais efficaces. On notera une propension exagérée à recourir aux ralentis, qui deviennent par ailleurs de salvateurs deus ex machina. Passons sur le manichéisme flagrant et les situations attendues.

Véritable entonnoir à superproductions, The Returner n’apporte aucune nouveauté. Un succès facile reste un succès. Pour l’originalité, on repassera une autre fois.

 

Mention spéciale à une gloutonne dégustation d’al dente.

Par Guillaume Vanneste - Publié dans : Science-fiction
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Lundi 12 mars 2007

Jin-Roh, La Brigade des Loups

(1999, Japon)

 

Réalisé par Hiroyuki Okiura

Avec : Yoshikazu Fujiki, Sumi Mutoh, Yukihiro Yoshida

Scénario : Mamoru Oshii

Genre : Animation, Drame

1h37

Titre original : Jin-Roh








Le Scénario

Le Tokyo de la fin des années 50 est secoué par de régulières mobilisations organisées par un groupe de rebelles appelé La Secte. Membre de l’unité d’intervention Panzer, Fuse se montre incapable d’abattre une jeune terroriste. Il doit quitter la Panzer.

 

La Critique

Déjà encensé pour Ghost In The Shell, Mamoru Oshii signe un scénario osé, mis en scène et en images par un Okiura au sommet de sa maîtrise artistique.

Dans une ville où rebelles et soldats d’élite se disputent le contrôle des quartiers, on s’attend inévitablement à une intrigue musclée. Et c’est pourtant un scénario à l’exacte opposée que nous offre Oshii. Les combats sporadiques, camouflets de la violence, servent de contraste à une analyse des sentiments humains.

Ainsi alternent affrontements désespérés et réflexions humanistes, alors que s’éveille chez le spectateur une prise de conscience de l’absurdité de la violence. Ici, pas de moralisme infantilisant ni d’exagération outrancière ; jusqu’au bout, l’homme reste homme. Même quand le loup qui sommeille en lui hurle à la mort.

Les visuels témoignent de cet engagement sans concession : s’y mêlent la candeur du dessin à la main et la rugosité d’une animation dynamique. Les personnages dégagent ce qu’il faut de force et de sensibilité pour nous interpeller. Et nous éviter de croire que les années 50 sont loin.

Sur un fond houleux Oshii et Okiura ont esquissé les traits d’une société en danger, où l’homme est moins ce qu’il est que ce qu’on lui demande d’être. Une réflexion juste qui se garde habilement de tout pessimisme.

 

Mention spéciale à une acrobatique ascension de clôture.
Par Guillaume Vanneste - Publié dans : Animation
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Samedi 10 mars 2007

Tetsuo II

(1992, Japon)

 

Réalisé par Shinya Tsukamoto

Avec : Tomoro Taguchi, Nobu Kanaoka, Keinosuke Tomioka

Scénario : Shinya Tsukamoto

Genre : Fantastique, Horreur

1h16

Titre original : Tetsuo 2 : Body hammer


 

Int. -16 ans



Le Scénario

Tomoo Taniguchi est un père sans histoires. Mais lorsqu’un homme enlève son enfant et le tue sous ses yeux, il entreprend un entrainement physique intensif. Il ignore pourtant qui sont réellement ses ennemis…

 

La Critique

Indéfinissable suite ou remake d’un premier opus organique et dérangeant, Tetsuo II poursuit la fiévreuse avancée de Shinya Tsukamoto dans son univers underground où esprits torturés riment avec agglomérats métalliques.

Le scénario suit un mouvement cher au réalisateur : un personnage des plus banals se retrouve en situation de stress extrême, et bascule dans l’excès absolu et sans limite. Diverses surprises ponctuent la narration, intervenant avec fracas dans un crescendo haletant. Ici, pas de véritable logique, tout est réaction éruptive et violente.

Les plans serrés et le montage saccadé offrent des visuels inattendus et perturbants. Une ingénieuse manière de filmer un monde en évolution duquel peut jaillir n’importe quelle surprise fantasque. Si la couleur apporte d’appréciables jeux de lumière et des contrastes dynamiques, on perd toutefois le charme du noir et blanc très présent dans Tetsuo.

Plus cérébral que son prédécesseur, Testuo II n’en est pas moins hystérique. Le concept d’homme-machine, devenu ici monstre vengeur crachant le feu et les projectiles, interroge sur la cohabitation de l’homme avec des technologies envahissantes. Et si l’on reste – fort heureusement – dans le domaine de la science-fiction, l’image est cependant terrifiante.

Sans conteste, Shinya Tsukamoto maîtrise son sujet. On peut toutefois regretter le charme déjanté du premier opus, malgré une atmosphère savamment travaillée.


 

Mention spéciale à un téléphone... portable !

 

 

Ne manquez pas :

> Shinya Tsukamoto dans Tetsuo, Tokyo Fist, Vital

> Tomoro Taguchi dans Tetsuo, Tokyo Fist

> Nobu Kanaoka dans Tetsuo, Tokyo Fist

Par Guillaume Vanneste - Publié dans : Fantastique
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Jeudi 8 mars 2007

Casshern

(2005, Japon)

 

Réalisé par Kazuaki Kiriya

Avec : Yusuke Iseya, Akira Terao, Kumiko Aso

Scénario : Kazuaki Kiriya, Dai Sato, Shotaru Suga

Genre : Science-fiction, action

2h17

Titre original : Casshern







Le Synopsis

Dans un futur ravagé par une guerre mondiale, un scientifique donne naissance à un groupe d’humanoïdes, immédiatement pris en chasse par l’armée. Les survivants, dotés de pouvoirs extraordinaires, se réfugient pour lever une armée de machines.

 

La Critique

Adaptation d’un anime des années 70 intitulé Shinzô ningen Kyashân, Casshern est un film hybride, mélange de réel et de numérique, dont le faible budget autorise pléthore d’effets visuels.

Inscrit dans la pure tradition SF japonaise, le film exploite le thème convenu des androïdes, ces hommes-machines créés, asservis, puis combattus par l’homme, qui fourmillent dans l’imaginaire manga depuis des décennies. Le renouvellement du genre n’est pas chose facile.

L’injection massive d’effets numériques permet une débauche visuelle à la hauteur de la violence mise en scène. Ne cherchez pas le réalisme, ici, seul le spectacle compte. Et il faut dire qu’on en prend plein les yeux. Au décorum d’une Russie tsariste chaotique viennent se greffer les excès dénoncés d’un totalitarisme quelque peu cliché et des combats époustouflants.

Les protagonistes rivalisent d’arrogance, devenant au final plus agaçants qu’attachants. Le scénario se délite et tente de se recomposer sans cesse, s’épuisant inévitablement. Même la morale tant attendue de cette fable d’anticipation s’avère niaise et infantilisante.

Casshern est un petit bijou visuel, une mosaïque rageuse et virevoltante. On regrette que le fond soit si peu à la hauteur de la forme.

 

Mention spéciale à un cri lumineusement sourd.

Par Guillaume Vanneste - Publié dans : Science-fiction
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Mardi 6 mars 2007

Ring

(1997, Japon)

 

Réalisé par Hideo Nakata

Avec : Nanako Matsushima, Miki Nakatani, Hiroyuki Sanada

Scénario : Hiroshi Takahashi

Genre : Frissons

Titre original : Ringu

1h34

 

Int. -12 ans



Le Synopsis

Une rumeur court au sujet d’une cassette vidéo maléfique : quiconque la regarde voit sa mort annoncée pour dans sept jours. Après la mort mystérieuse de sa cousine, la journaliste Reiko Asakawa cherche à percer le secret de l’enregistrement.

 

La Critique

Source de plusieurs suites et remakes américains, inspirateur de films à suspense tels que Kaïro, La Mort en Ligne ou encore Ju-On, Ring est vite devenu un phénomène cinématographique et un pilier du renouveau du genre au Japon.

Si le projet Ring est avant tout l’adaptation à l’écran du roman homonyme de l’écrivain à succès Koji Suzuki, c’est également un brillant hommage au cinéma d’horreur des années 50-60, qui puise ses racines dans les contes traditionnels chinois. Une dimension quasi mythologique qui prend ici toute son envergure.

Certes, les visuels ont pris quelques rides et les dialogues témoignent d’une relative naïveté scénique. Mais la grande force de Ring – encore intacte à ce jour – se trouve dans la gestion maîtrisée de la tension : l’attente croît, lascivement, insidieusement, jusqu’à provoquer une insoutenable sensation d’étouffement.

Bien que parfois décousue, la trame scénaristique maintient le spectateur en alerte. Le mystère est ainsi préservé habilement, avalant sans crier gare les protagonistes qui le bravent. L’atmosphère glauque et humide est efficacement renforcée par une bande son grinçante du plus horrible effet.

Simple dans sa réalisation, Ring construit un univers glacial et intimiste, aux frontières du réel. Ses nombreux successeurs, qui lui doivent beaucoup, sauront lui rendre hommage. Qui sème la terreur récolte le succès.

 

Mention spéciale à de terrifiants visages figés.

Par Guillaume Vanneste - Publié dans : Horreur
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