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Les Toiles d'Asie, c'est :
  • le cinéma asiatique d'hier et d'aujourd'hui
  • des critiques volontairement synthétiques, qui préservent la curiosité du spectateur
  • nouveau : des analyses thématiques détaillées, pour exploiter le film

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Dimanche 4 mars 2007

Save The Green Planet !

(2003, Corée du Sud)

 

Réalisé par Jeong Jun-Hwan

Avec : Shin Ha-Kyun, Yun-Shik Baek, Jae-Yong Lee

Scénario : Jeong Jun-Hwan

Genre : Thriller, Science-fiction

1h54

Titre original : Jigureul jikyeora !








Le Synopsis

Lee Byeong-Goo enlève le PDG d’un grand groupe de pétrochimie, persuadé que ce corps d’homme est habité par un extra-terrestre dont le but secret est d’envahir la Terre.

 

La Critique

L’Asie a depuis longtemps habitué son public à d’inqualifiables ovnis cinématographiques. Avec Save The Green Planet !, la Corée repousse davantage les limites du grand n’importe quoi.

A cheval entre le polar cahoteux et la SF déjantée, le film peine à trouver son équilibre. Ici le mélange des genres s’avère infructueux, d’autant plus que les différentes dimensions semblent sous-exploitées. Quelques pointes de comique ponctuent la réalisation : ajouts fatals qui paraissent surfaits et pathétiques.

Save The Green Planet ! nous plonge dans le délire paranoïaque d’un jeune orphelin qui se croit investi d’une périlleuse mission. Malgré le jeu engagé de Shin Ha-Kyun et la pléthore d’instruments de torture, le spectateur n’y croit guère. La folie est ici filmée comme un simple dérangement mental, que la morale scénaristique se chargera de condamner sans surprise.

On retrouve de-ci de-là de timides influences tirées de Tetsuo, mais l’univers présenté reste banal. Les plans serrés offrent toutefois de beaux moments visuels, alimentant une tension construite sur la violence crue et humide.

Entretenant laborieusement un suspense fébrile, Save The Green Planet ! est à prendre au second degré. Ça tombe bien, le premier y est insupportable.

 

Mention spéciale à une colonie d’abeilles tueuses malgré elles.

Par Guillaume Vanneste - Publié dans : Thriller
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Vendredi 2 mars 2007

Godzilla Final Wars

(2004, Australie, Chine, Etats-Unis, Japon)

 

Réalisé par Ryuhei Kitamura

Avec : Masahiro Matsuoka, Akira Takarada, Kazuki Kitamura

Scénario : Ryuhei Kitamura, Isao Kiriyama

Genre : Science-fiction

2h01

Titre original : Movie For Kids – Godzilla 1985








Le Synopsis

Plusieurs années après que l’armée ait neutralisé le terrifiant Godzilla, une multitude de monstres sèment la panique dans les grandes villes du monde. Les mystérieux Ixiens viennent au secours de l’humanité.

 

La Critique

Godzilla fêtait en 2004 ses 50 ans. La compagnie Toho a offert pour l’occasion un cadeau démesuré aux nombreux adeptes du monstre mythique.

Dans cet opus – déclaré comme le dernier de la série – Godzilla se trouve de nouveaux adversaires, certes moins tendance que Mothra ou King Kong en leur temps, mais tout autant dangereux. Les confrontations avouent un irréalisme profond, pourtant fidèle à la tradition des monstres en pate à modeler. Ici, le numérique à tout va n’a pas sa place.

Pâle prétexte à la glorification de Godzilla, qui conserve son éminent statut de monstre le plus kitsch de l’histoire du genre, le scénario poussiéreux rassemble clichés et déjà-vus en une réalisation tumultueuse. Les explosions apocalyptiques et la tonitruante bande son signée Keith Emerson se chargent de tenir le spectateur en alerte.

Les acteurs, dont les plus jeunes sont d’illustres inconnus issus des réalisations précédentes de Kitamura et les vétérans des rescapés des premiers Godzilla, sont inégaux face à la caméra, et la présence de mutants ne contribue pas à humaniser l’intrigue. Par ailleurs, la multiplication des protagonistes a tendance à repousser le spectateur, qui ne s’attache à aucun.

Au final, Godzilla Final Wars s’affiche comme un medley tape-à-l’œil de l’aventure Godzilla, qui ravira les inconditionnels et plaira aux enfants, au risque de laisser les autres de marbre.

 

Mention spéciale au brave chasseur du Mont Fuji.

Par Guillaume Vanneste - Publié dans : Fantastique
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Mercredi 28 février 2007

Battle Royale

(2000, Japon)

 

Réalisé par Kinji Fukasaku

Avec : Takeshi Kitano, Tatsuya Fujiwara, Aki Maeda

Scénario : Kenta Fukasaku

Genre : Thriller, Drame

1h44

Titre original : Batoru rowaiaru

 

Int. -16 ans



Le Scénario

Afin de calmer la turbulente jeunesse japonaise, la loi Battle Royale est votée. Chaque année, les élèves d’une classe sont envoyés sur une île déserte : ils doivent alors s’entretuer, et seul le dernier survivant rentrera au pays.

 

La Critique

Adaptation du roman homonyme de Koshun Takami déjà décliné en manga, Battle Royale s’avère être pour de nombreux jeunes occidentaux un pilier du cinéma japonais moderne.

Film d’anticipation sur la dégradation du climat social et la crise identitaire des jeunes générations, Battle Royale se présente également comme un sévère pamphlet des dérives sécuritaires. Un savant mélange d’humour noir et de dérision permet de s’affranchir par moments d’un réalisme cinglant.

Véritable observateur de cette expérience de Milgram puissance 10, le spectateur suit ces machines de chair, gosses devenus monstres, dans leur macabre et impitoyable cheminement. Le désespoir et l’incrédulité règnent en maître, rompant les barrières classiques des rapports humains.

Si la mise en scène a pris quelques rides, un astucieux jeu sur les contrastes sait approfondir la réalisation. On y retrouve Takeshi Kitano en infatigable tortionnaire qui cache avec peine ses vieux démons. Le second degré est de rigueur.

Œuvre brutale, Battle Royale force le trait pour mieux mettre en garde. Un véritable choc visuel et moral qui interpelle sans pudeur sur les limites de l’autorité.

 

Mention spéciale à un pistolet non létal.

Par Guillaume Vanneste - Publié dans : Drame
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Lundi 26 février 2007

Joint Security Area

(2000, Corée du Sud)

 

Réalisé par Park Chan-wook

Avec : Song Kang-Ho, Byung-hun Lee, Yeong-ae Lee

Scénario : Park Chan-wook, Seong-san Jeong, Hyeon-seok Kim, Mu-yeong Lee

Genre : Thriller

1h44

Titre original : Gongdong gyeongbi guyeok JSA








Le Synopsis

Une fusillade dans un poste de garde sur la frontière entre les deux Corée fait plusieurs victimes. Le sergent Sophie E. Lang est chargé de mener l’enquête.

 

La Critique

Plus connu pour sa trilogie sur la vengeance, c’est avec Joint Security Area que Park Chan-wook s’est imposé comme un pilier du renouveau du cinéma sud-coréen.

Ce thriller politique exploite un thème cher au réalisateur : la crise identitaire d’un pays coupé en deux depuis un demi-siècle. Ici, pas d’affrontements militaires ou de déploiements de troupes, la guerre froide fait son œuvre, usant les soldats de l’intérieur. Une pression psychologique qui croit en une tension insidieuse et rampante.

Sans jamais le dire clairement, Park Chan-wook dénonce par protagonistes interposés un système politico-militaire froid, sclérosé, dont la crise aigüe affecte chacun. Les acteurs offrent un jeu honnête, empli d’honneur et de fierté, tout en jonglant avec les non-dits.

Le scénario, point fort de ce film énigmatique construit sur de faux semblants, emmène le spectateur dans une histoire surréaliste d’inconcevable fraternisation entre ennemis de toujours. La mise en scène offre peu de surprises, mais s’avère juste et efficace.

Sans parti-pris, Park Chan-wook signe une réalisation équilibrée qui donne un nouveau souffle à l’humanisme en temps de conflit. Grand Prix du Festival du film asiatique de Deauville 2001, Prix spécial du Jury au Festival international du Film de Seattle.

 

Mention spéciale à de charmants costumes de fête.

 

 

Par Guillaume Vanneste - Publié dans : Thriller
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Samedi 24 février 2007

Koma

(2004, Chine)

 

Réalisé par Lo Chi-Leung

Avec : Angelica Lee, Kar Yan Lam

Scénario : Susan Chan, Lawrence Cheng

Genre : Frissons, Thriller

1h25

Titre original : Koma







Le Synopsis

Dans un hôtel, au cours d’un mariage, une fille se réveille nue dans une baignoire de glace. La jeune Ching découvre ce spectacle étrange et remarque qu’on a volé un rein à cette inconnue. C'est désormais à son tour d'être poursuivie…

 

La Critique

Face à l’ingéniosité des Sud-coréens et l’impassibilité des Japonais, la Chine cherche sa place dans le cinéma d’angoisse. Pour ce faire, Koma prend le parti de centrer sa réalisation sur un thème tabou : le trafic d’organes.

Le scénario se déroule sans surprises, usant des mouvements classiques du thriller ; toutefois, la tension s’avère cruellement inexistante, et les scènes clés sont souvent mal exploitées. Reste un embryon apathique et docile, vaine tentative de séduction du spectateur. Les confrontations restent molles et surjouées.

Le jeu d’acteurs pâtit d’un manque de maturité, d’une absence de profondeur et d’une détestable propension aux enfantillages. Une légèreté d’autant plus condamnable que le sujet du film est grave. Malheureusement, l’histoire en devient presque banale, dénuée d’humanité et de psychologie.

Le traitement de l’image reste lui aussi très classique, dans les choix visuels comme dans le montage, et l’accompagnement sonore est négligé. Si les amateurs du genre trouveront peut-être là un divertissement acceptable, Koma avoue cependant l’impotence de la Chine sur le terrain du cinéma à suspense.

Sans aucun doute, Koma porte admirablement bien son nom. Rarement un thriller n’aura eu de tels effets léthargiques sur le courageux spectateur.

 

Mention spéciale à un inspecteur au nez à moitié bouché.

Par Guillaume Vanneste - Publié dans : Thriller
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