Dimanche 18 février 2007 7 18 /02 /Fév /2007 09:00

Fighter in the Wind

(2004, Corée du Sud)

 

Réalisé par Yang Yun-ho

Avec Yang Dong-Geun, Aya Hirayama, Masaya Kato

Scénario : Yang Yun-ho

Genre : Biopic, Action

1h50

Titre original : Baramui Fighter







Le Synopsis

Une adaptation de la vie de Choi Bae-dal, un émigré coréen qui redécouvre au Japon les fondamentaux culturels de son peuple et développe un art martial hors-normes : le karaté kyokushin.

 

La Critique

Faire découvrir au grand public la vie tourmentée d’un Coréen inconnu n’est pas chose facile. Pour ce faire, Fighter in the Wind mise sur une réalisation musclée.

Plus qu’un film d’action pur, Yang Yun-ho tenait à rendre hommage au personnage, en exploitant des sentiments forts : peur, désespoir, solitude, soumission. Ainsi la première partie du film trace le parcours cahoteux de cet émigré sans repères qui cherche dans l’adversité les ressources de sa propre survie.

Il les trouvera dans l’objectif qu’il s’impose dans la seconde moitié du film, à savoir recouvrer son honneur en défiant la suprématie japonaise. Dès lors, les scènes de combats se multiplient, appuyant le remarquable engagement physique de Yang Dong-Geun, et sublimant la force brute des affrontements au sol.

Toutefois, piégé dans son propre désir de réalisme, le film use et abuse de clichés et de raccourcis en tous genres. Le sentimentalisme reste mièvre, les rôles secondaires alourdissent le développement de l’intrigue, et certains effets de mise en scène rappellent avec regret le syndrome Ong-Bak : une multitude de coups sans grande innovation ni réelle surprise.

Volonté honorable que celle de Yang Yun-ho, qui tente de concilier véracité biographique et visuels spectaculaires. Incontestablement, le premier point a ici cédé sous les coups du second.

 

Mention spéciale à une ascension qui fait froid dans le dos.

Par Guillaume Vanneste - Publié dans : Biopic
Voir les 0 commentaires
Vendredi 16 février 2007 5 16 /02 /Fév /2007 09:00

Tube

(2003, Corée du Sud)

 

Réalisé par Baek Woon-Hak

Avec : Kim Seok-Hun, Park Sang-Min, Bae Du-Na

Scénario : Baek Woon-Hak

Genre : Action, Policier

1h50








Le Synopsis

Do-Jun a quitté les forces spéciales de la police en raison de son tempérament fougueux. Mais quand son ennemi juré, Ki-Taek, assassine le maire de Séoul et prend en otage une rame du métro, il n’hésite pas à intervenir.

 

La Critique

Avec Tube, la Corée du Sud se met à l’heure américaine, déployant force moyens pour offrir un film explosif. Voudrait-elle jouer dans la cour des grands ?

Le film démarre sur les chapeaux de roues, avec une fusillade haletante qui rappelle la scène introductive de Breaking News. Par la suite, courses-poursuites, faces-à-faces et situations catastrophes s’enchaînent à un rythme effréné. L’adrénaline est au rendez-vous dans ce métro oppressant devenu la prison d’innocents impuissants.

Mais derrière cette façade qui sent la poudre et la sueur, l’originalité brille par son absence. Le film s’inspire du cinéma d’action hongkongais sans toutefois éviter les clichés, et surtout sans proposer une profondeur de jeu chez des acteurs trop stéréotypés. Le scénario ne présente pas de surprise, et si les attentats terroristes en zone urbaine se multiplient de nos jours, le réalisme n’est pas flagrant.

La réalisation est certes solide, en témoignent des visuels appréciables et une mobilité constante de la caméra, mais l’accompagnement sonore lasse et les effets spéciaux flirtent avec l’excès. De bout en bout, le film manque de charme, privant le spectateur d’un attachement véritable.

On saluera donc l’engagement du réalisateur dans un film d’action pur, tout en regrettant le manque cruel d’innovation et de relief. La sauce américaine prend, mais Tube reste fade.

 

Mention spéciale à un caïd hystérique.

Par Guillaume Vanneste - Publié dans : Policier
Voir les 0 commentaires
Mercredi 14 février 2007 3 14 /02 /Fév /2007 09:00

Running On Karma

(2003, Hong-Kong)

 

Réalisé par Johnnie To & Wai Ka-Fai

Avec : Andy Lau, Cecilia Cheung, Cheung Siu-Fai

Scénario : Wai Ka-Fai, Kin Yee Au, Nai-Hoi Yau

Genre : Policier

1h32

Titre original : Daai chek liu







Le Synopsis

Big est un ancien moine au physique impressionnant, capable de voir le karma et le destin des gens. Un don qui lui permet d’aider la jeune Yee, agent de police, dans une enquête difficile.

 

La Critique

Johnnie To, passé maître dans l’art du polar rude et haletant, s’accorde avec Running On Karma un passage par la spiritualité bouddhiste.

Running On Karma se présente avant tout comme un catalyseur d’inspirations. On y rencontre par exemple des personnages burlesques et des méchants loufoques tout droit sortis de l’univers manga. Andy Lau en ex-moine bodybuildé porte ce film à bouts de bras et forme avec Cecilia Cheung un duo comique particulièrement attachant. Et à cette dimension excentrique ingénieusement équilibrée vient s’ajouter une intrigue policière solide, dont les ressorts alimentent efficacement une réalisation aventureuse.

Johnnie To ne renie pas ses origines et offre au spectateur de belles confrontations physiques et armées. Mais au-delà du polar, le réalisateur ose l’incursion dans le spirituel : l’enquête trébuchante devient quête personnelle, dont l’aboutissement nécessite une plongée dans un onirisme bouddhiste atemporel. Malgré une fin sibylline, le film fournit d’agréables surprises tout en demeurant cohérent.

S’appuyant sur leurs acteurs piliers et un goût assumé pour l’inattendu, Johnnie To et Wai Ka-Fai nous emmènent sur un chemin tortueux, truffé d’éléments mystiques. A découvrir.

 

Mention spéciale à une méthode originale pour décapsuler les bouteilles.

Ne manquez pas :

> Johnnie To dans Fulltime Killer, Breaking News

> Wai Ka-Fai dans Fulltime Killer

> Andy Lau dans Fulltime Killer, Le Secret des Poignards Volants

> Cecilia Cheung dans Legend of Speed

 

Par Guillaume Vanneste - Publié dans : Drame
Voir les 0 commentaires
Lundi 12 février 2007 1 12 /02 /Fév /2007 09:00

Tony Takitani

(2004, Japon)

 

Réalisé par Jun Ichikawa

Avec : Issey Ogata, Rie Miyazawa, Shinohara Takahumi

Scénario : Jun Ichikawa

Genre : Drame

1h12


 

 





Le Synopsis

Marqué par son enfance solitaire, Tony a des rapports difficiles avec les autres. Alors qu’il trouve l’amour aux côtés d’Eiko, il découvre des sentiments inconnus : la complicité, l’affection, mais aussi la peur de la solitude.

 

La Critique

Inspiré de l’œuvre de Haruki Murakami, Tony Takitani est une fable moderne douce-amère sur les rapports humains et les artifices qui les accompagnent souvent.

Habitué des adaptations, Jun Ichikawa choisit ici un narrateur invisible mais bien réel pour emmener le spectateur dans les méandres d’un homme resté enfant au fond de lui ; une technique humble et délicate prolongée de-ci de-là par les acteurs. Ces derniers, véritables figures romanesques autant que caractères d’une société sans repères, portent avec brio une intrigue simple et cruelle.

Dans cette âpre nouvelle cinématographique, chaque chose est à sa place. Les personnages, cernés par une fatalité rendue banale, trouvent refuge dans une matérialité artificielle pour un temps. Un dressing rempli de vêtements, de chaussures, puis de vieux disques de jazz, devient le tombeau sentimental de cet anti-héros désabusé qui navigue avec douleur entre deux émotions.

Issey Ogata fait montre d’un jeu particulièrement troublant, alternant tristesse, enthousiasme enfantin et incrédulité. Une  maturité scénique qui évoque à la fois les grands rôles dramatiques du cinéma et les tragiques figures littéraires. Une touche de modernité vient parachever avec justesse ce conte empli d’une volatile gravité.

Derrière ses airs juvéniles, Tony Takitani cache une rudesse émotionnelle intense, une tension intérieure qui prend le spectateur à la gorge, et croît sans jamais exploser. Une maitrise remarquable.

 

Mention spéciale à une donneuse de gants intrusive.

Par Guillaume Vanneste - Publié dans : Drame
Voir les 0 commentaires
Samedi 10 février 2007 6 10 /02 /Fév /2007 09:00

Seven Swords

(2004, Hong-Kong)

 

Réalisé par Tsui Hark

Avec : Donnie Yen, Honglei Sun, Leon Lai

Scénario : Tsui Hark, Cheung Chi-Sing, Chun Tin-Nam

Genre : Action, Aventure

2h23

Titre original : Seven Swords of Mount Tian






Le Synopsis

Alors qu’un décret impérial interdit la pratique des arts martiaux, le général Ravage massacre les villageois par centaines pour s’assurer le soutien de l’empereur. Fu Qingzhu se rend au Mont Céleste pour convaincre six autres guerriers de se joindre à lui pour stopper Ravage.

 

La Critique

Avec cette adaptation des Sept Epées de la Montagne Tian, de l’écrivain Liang Yu Shen, Tsui Hark voit loin. Une réalisation d’envergure portée par des personnages hauts en couleurs.

Si Tsui Hark n’en est pas à son premier coup d’essai dans le genre du wu xia pian – on se rappelle Zu, Les Guerriers de la Montagne Magique, ou The Blade – on voit très nettement l’influence des films d’action qu’il a tourné jusque là. Loin des acrobaties aériennes héritées de Tigre & Dragon, Hark mise ici sur des combats au sol physiques et intenses, focalisant sur les valeurs héroïques de ses personnages.

Ces derniers apportent une réelle profondeur au film, par leur caractère bien trempé et leur inépuisable engagement dans les affrontements rageurs. Un soin particulier est apporté aux costumes et aux terribles armes, afin de plonger le spectateur dans cette ère barbare et impitoyable. On regrettera tout de même une violence parfois gratuite et une cruauté âpre.

Le scénario – simplifié dans sa trame par rapport à l’ouvrage d’origine – reste dense : rebondissements et intrigues secondaires se succèdent, laissant peu de répit au spectateur. De même, les chorégraphies puissantes dégagent une vigueur incontestable, mais certaines s'avèrent délicates à suivre.

Avec Seven Swords, la virtuosité de Tsui Hark prend corps. On y retrouve le charme de La Princesse du Désert, et le charisme de Hero. Du grand wu xia pian, en somme.

 

Mention spéciale à une imparable neutralisation des chevaux.

 

Ne manquez pas :

> Tsui Hark dans Zu, Les Guerriers de la Montagne Magique, The Blade

> Donnie Yen dans Hero, SPL

> Leon Lai dans 3 Histoires de l'Au-delà


Par Guillaume Vanneste - Publié dans : Aventure
Voir les 0 commentaires
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés