Mardi 30 mars 2010 2 30 /03 /Mars /2010 10:26
Japon, 2008theskycrawlers_poster.jpg
Réalisé par Mamoru Oshii (Avalon, Jin-Roh)
Genre : Animation















Synopsis – Dans un futur aux allures d'années 40, de jeunes soldats qui possèdent le pouvoir de ne pas vieillir sont enrôlés par des compagnies spécialisées et se livrent dans les airs une guerre sans merci.

Critique Créateur génial de Ghost in the Shell et Avalon, Mamoru Oshii propose avec The Sky Crawlers un regard singulier sur les rapports humains au sein de conflits armés. Le tout orchestré par Kenji Kawai, compositeur phare de l'animation japonaise.

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The Sky Crawlers offre avant tout un univers graphique à la fois riche et cohérent, solidement ancré dans des références proches de la Seconde Guerre Mondiale, dans lequel évoluent des personnages au dessin plus souple. En particulier, les combats et les appareils avec lesquels ils sont menés font l'objet d'un soin remarquable.

Les Kildren, ces jeunes soldats qui ne vieillissent pas, cachent derrière leurs traits adolescents une expérience amère de leurs vols. Machines à tuer formatées par des compagnies qui jouent à la guerre pour se rappeler le prix de la paix, ils semblent ne plus être capables d'émotions.

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Pourtant, les thèmes exploités par Mamoru Oshii, bien plus faciles à appréhender si l'on connait bien son œuvre, manquent de profondeur à l'écran. La réalisation paraît insuffisante à combler l'ambition d'un projet qui pose de nombreuses questions sur le sens du monde et les valeurs humaines, bien au-delà de la façade belliqueuse. Au spectateur, s'il le souhaite, d'en chercher les réponses.

Par Guillaume Vanneste - Publié dans : Animation
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Dimanche 28 mars 2010 7 28 /03 /Mars /2010 10:10

Japon, 1972babycart2poster.jpg
Titre original : Kozure Ôkami : Sanzu no kawa no ubaruguma
Réalisé par Kenji Misumi (Baby Cart 1)
Avec : Tomisaburo Wakayama (Baby Cart 1), Kayo Matsuo
Genre : Action














Synopsis – Le samouraï déchu Itto Ogami poursuit son errance en proposant ses services d'assassin. Les terribles tueuses du clan Yagyu se mettent alors à sa poursuite.

Critique – Le deuxième opus de Baby Cart ayant été réalisé immédiatement après le premier, il s'inscrit dans une dynamique globale et en est un prolongement audacieux.

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Pourtant, les différences se font vite jour, qui plongent le spectateur dans une atmosphère sombre et angoissante. Ce qui frappe avant tout est la puissance, la violence et la fréquence des affrontements. Certes, le faux sang trop éclatant en limite le réalisme, mais les combats sont un exemple stupéfiant de stylisation et de vivacité de la mise en scène.

Autre avancée, l'insertion de scènes qui passeraient pour banales si elles n'étaient emplies d'une tension sourde mais palpable, où le suspense se construit par assemblage de silences, de plans serrés et de gestes millimétrés, sublimé par le charisme froid d'un Tomisaburo Wakayama dont l'apparence sauvage s'accentue par notes discrètes.

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Le jeune Daigoro a grandi, et lui qui dans Le Sabre de la Vengeance semblait encore vêtu d'une enfantine innocence participe désormais à l'écriture de son propre destin. Il n'est plus seulement ce témoin de luttes sanglantes, mais un acteur – involontaire bien sûr, et inattendu. Et l'on comprend que désormais rien ne sera plus comme avant, que cet enfant massacre va devenir malgré lui le cœur de cette saga.

Par Guillaume Vanneste - Publié dans : Action
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Dimanche 21 mars 2010 7 21 /03 /Mars /2010 10:00
Japon, 1972babycart1_poster.jpg
Titre original : Kozure Ôkami : Kowokashi udekashi tsukamatsuru
Réalisé par Kenji Misumi
Avec : Tomisaburo Wakayama, Fumio Watanabe
Genre : Action













Synopsis – Exécuteur officiel du Shogun, Itto Ogami est chassé par des samouraïs envieux de son poste, et qui assassinent sa femme. Errant sur les routes avec son jeune fils, il n'a pas perdu espoir de venger l'affront.

Critique – A bien des égards, ce premier volet de la retentissante saga Baby Cart réunit les meilleurs ingrédients du film de sabre, qu'il renouvelle et sublime à la fois.

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A l'origine était le manga, dont le long métrage va tirer toute sa puissance visuelle, canalisée dans une image chaude et précise. Au début des années 70, la couleur s'impose dans le cinéma d'action japonais, mais le pari demeure périlleux face au contraste du noir et blanc. Kenji Misumi s'appuie ici sur des alternances d'ombres et de lumière pour composer un panorama dynamique réussi.

Un soin tout particulier est apporté aux combats, d'un réalisme et d'une vivacité remarquables, encore aujourd'hui. Les affrontements rendent hommage au maniement du sabre aussi bien qu'aux qualités stratégiques des adversaires.

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Incontestablement, le personnage d'Itto Ogami, glacial exécuteur devenu rônin, guerrier déchu mais animé d'une implacable volonté, donne au film toute son envergure. Tomisaburo Wakayama, frère du non moins célèbre héros de la saga Zatoichi, Shintaro Katsu, à qui il emprunte pour l'occasion le flegme et la nonchalance, campe un père qui mêle rude apparence et sensibilité voilée.

La présence de l'enfant apporte une valeur ajoutée notable par rapport aux précédentes réalisations du genre. Objet d'attentions maternelles spontanées et d'incessantes curiosités, le petit Daigoro assiste sans en comprendre le sens à la fureur du monde qui l'entoure.

Par Guillaume Vanneste - Publié dans : Action
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Vendredi 19 mars 2010 5 19 /03 /Mars /2010 09:00

 

Japon, 2003samourai du crepuscule poster

Titre original : Tasogare seibei

Réalisé par Yoji Yamada

Avec : Hiroyuki Sanada (Ring), Rie Miyazawa, Tetsuro Tamba

Genre : Drame

 

 

 

 

 

 

 

 

Synopsis – Seibei Iguchi, un samouraï rabaissé par ses pairs, doit s’occuper de ses filles et de sa vieille mère depuis le décès de sa femme. Il retrouve son ambition de guerrier lorsque la belle Tomoe, son amie d’enfance, lui demande de la protéger face à son ex-mari violent.

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Critique – Adapté d’une nouvelle de Shuhei Fujisawa et premier opus d’une « trilogie d’époque » menée par Yoji Yamada, Le Samouraï du Crépuscule porte un regard nouveau sur le quotidien de ces guerriers mythiques.

Prenant le contre-pied des traditionnelles réalisations gorgées de violence, le film s’immisce dans la vie d’un samouraï croulant sous les responsabilités familiales et les dettes. Avec humilité mais aussi avec dynamisme, le film décrit une réalité poignante, où l’humanité et la sensibilité détrônent l’arrogance et la cupidité.

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Car Iguchi est un homme avant d’être un samouraï. Lui qui se rêve paysan, pêcheur, savourant la floraison des azalées se heurte à sa condition pauvre et aux railleries. Il se révèlera pourtant plus mûr que les autres sabreurs, à qui il offrira une leçon de bravoure. Ce samouraï baptisé Crépuscule pour ses airs taciturnes est également le témoin d'une époque qui s'épuise et s'éteint, irrémédiablement.

A chaque instant, les visuels composent une atmosphère délicate et prenante, un décor qu'Iguchi traverse en renouant avec des sentiments oubliés. Même les affrontements physiques sont vécus comme des épreuves de sagesse autant que d’habileté. Dignité et retenue des personnages confèrent à la réalisation une dimension qui rappelle les films de sabre dont elle s'inspire avec subtilité, pleins de mélancolie et de théâtralité.

 

Article original publié le 16 mars 2007, mis à jour le 19 mars 2010.

Par Guillaume Vanneste - Publié dans : Drame
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Dimanche 14 mars 2010 7 14 /03 /Mars /2010 14:42
Japon, 2008akiresu-poster.jpg
Titre original : Akiresu to kame
De et avec Takeshi Kitano (Violent Cop, Sonatine, Hana-Bi, Battle Royale, Takeshis')
Avec Kanako Iguchi (Casshern), Yurei Yanagi (Hana-Bi)
Genre : Comédie dramatique












Synopsis – Fils d'un mécène et encore tout jeune enfant, Machisu Kuramochi se laisse convaincre qu'il a du talent. Les années passent, et sa conviction se renforce : il sera peintre, c'est sûr. La réussite n'est pas au rendez-vous, mais Machisu persiste.

Critique – Plus connu en Europe pour ses films de yakuzas, Takeshi Kitano sait aussi s'engager dans des œuvres touchantes et personnelles. Avec ses allures de conte moderne, Achille et la Tortue met en scène les difficultés d'un peintre à la poursuite du succès.

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Tout part d'une fugace étincelle qu'un marchand d'art opportuniste va provoquer dans l'esprit innocent du jeune Machisu. En voyant en lui une graine d'artiste, il le condamne déjà à en devenir un, ou à n'être pas. Machisu est cet enfant solitaire et moqué, qui trouve refuge dans la reproduction colorée d'un monde qui ne l'accepte pas, et dont il est si difficile de respecter les codes invisibles.

Résolu à vivre pour sa peinture, Machisu est pourtant incapable d'en tirer un revenu décent. Une femme, toutefois, dans son malheur, le comprendra et l'accompagnera. Leur persévérance aveugle à tous deux fait sourire autant qu'elle navre. Il faut parfois plus qu'un béret sur la tête et un pinceau à la main pour entrer au panthéon des artistes.

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Bien sûr, Achille et la Tortue est, aussi, à voir comme une mise en abyme de Kitano lui-même. Le peintre en mal d'inspiration est comme le scénariste devant la page blanche, comme l'acteur qui, devant la caméra, ne trouve pas l'expression qu'il veut offrir au spectateur.

Ici, Kitano livre une œuvre aussi singulière que sont fades les pâles copies de Machisu. Dans Achille et la Tortue, Kitano fait-il pour autant l'apologie du talent et du succès (dont un personnage bien avisé ne manquera pas de souligner la différence) ? Pas si sûr, car Machisu, qui toute sa vie aura couru après son Graal personnel, l'aura finalement passée avec pour moteur un objectif inépuisable.

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En quête perpétuelle d'un devenir qui n'arrive pas, jamais il ne se sera ennuyé. Ce n'est pas d'attraper la tortue dont Achille doit se soucier, mais de goûter à la richesse de sa course. Et paradoxalement, de souhaiter qu'elle soit la plus longue possible...

Par Guillaume Vanneste - Publié dans : Comédie dramatique
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