| Décembre 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | |||||
| 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | ||||
| 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | ||||
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | ||||
| 28 | 29 | 30 | 31 | |||||||
|
||||||||||
2006, Corée du Sud
Réalisé par Park Chan-Wook
Avec : Lim Soo-Jung, Jung Ji-Hoon
Scénario : Park Chan-Wook
Genre : Comédie dramatique
1h45
Titre original : Saibogujiman kwenchana
Le Synopsis
Placée dans un hôpital psychiatrique, Young-Goon est persuadée d'être un cyborg, Il-Soon, qui a le talent de voler ce qu'il veut, tombe amoureux de cette fille qui parle aux machines et suce des piles pour recharger ses batteries.
La Critique
Le public connaissait Park Chan-Wook réalisateur de thrillers violents et gorgés de rancoeur. Avec Je suis un cyborg, il va rencontrer le grand enfant insouciant qui se cache derrière.
Parenthèse perturbée dans l'oeuvre de Park Chan-Wook, coincée entre la trilogie de la vengeance et le projet Evil Live, Je suis un cyborg est à la limite de l'inclassable et déroutera sans nul doute les spectateurs qui attendent logique, pragmatisme et scénario solide. Car la grande force du film est précisément de savoir se débarrasser de ces classiques.
On aurait pourtant trop vite fait d'y voir un délire brouillon et facile. Park Chan-Wook instaure une logique dans son film : l'absence de logique. Il y construit un sens : l'absence de sens. Et il y déroule une histoire : l'absence d'histoire. Le film ne saurait se voir comme une suite d'éléments, mais une suite d'absences, de vides, de trous noirs que le réalisateur remplit de scènes incongrues, peuplées de personnages loufoques aux buts incompréhensibles.
Je suis un cyborg ne peut avoir de logique, car il nous plonge dans un monde qui n'en a aucune. Ou plus précisément un monde composé de dizaines de logiques subjectives, car chaque interné a la sienne. Et le public profite ainsi du spectacle visuellement soigné à travers les yeux de plusieurs personnages. En fin de compte, le seul fil conducteur, mené par Il-Soon, ce voleur déguisé en lapin qui veut aider Young-Goon en la confortant dans son rôle de robot, cherche-t-il vraiment à nous ramener à la réalité ?
Des rêveries burtoniennes aux délires lynchéens, l'univers de Je suis un cyborg ne peut être observé avec distance. Il faut y plonger, y goûter, s'y abandonner. Heureux seront ceux qui ont conservé leur âme d'enfant.