Dimanche 18 avril 2010 7 18 /04 /Avr /2010 10:22

Japon, 1984 Nausicaa-poster.jpg

Titre original : Kaze no tani no Naushika

Réalisé par Hayao Miyazaki

Genre : Animation

 

 

 

 

 

 

 

 

Synopsis – Mille ans après la destruction du monde, les survivants sont menacés par la fukai, amas croissant de plantes aux émanations toxiques et protégé par des insectes démesurés. Alors que des militaires veulent ressusciter une puissante arme du passé, Nausicaä, princesse de la Vallée du Vent, tente de réconcilier les humains et la nature.

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Critique – Fragment animé d'un manga papier édité pendant treize ans (de 1982 à 1995), ce conte post-apocalyptique visionnaire et écologiste détonne par ses thématiques et la puissance de son scénario.

Si en Europe l'on connait surtout Hayao Miyazaki et le Studio Ghibli pour des œuvres telles que Mon Voisin Totoro ou Princesse Mononoké, il faut également aller chercher dans des projets antérieurs les prémisses d'une remarquable carrière.

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Au premier coup d'œil, Nausicaä semble fort éloigné des contes fantastiques d'un Miyazaki jouant avec les frontières entre rêve et réalité, créant des univers dans lesquels les jeunes protagonistes murissent effrontément au fil de parcours initiatiques et féériques.

Dans un sens, Nausicaä est donc beaucoup plus classique que certaines œuvres à venir. Le décor post-apocalyptique jette le spectateur dans des complexités renouvelées où subsistent toutefois de flagrantes empreintes d'une époque révolue, perdue dans le gouffre du néant, depuis un millénaire.

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Au-delà de l'esthétique moyenâgeuse et des incursions de coléoptères géants, Nausicaä se révèle bien plus réaliste que l'exagération de l'animation japonaise ne le laisse croire. La jeune Princesse, qui semble traverser les âges et porter en elle la mémoire de l'humanité – et avec elle, ses fautes et ses pêchés – incarne à la fois le témoin d'une ère que l'avidité de l'homme a vouée au chaos, et l'actrice d'un changement, toujours possible, vers un monde meilleur.

Rarement les considérations écologiques tiennent une telle place – surtout à cette époque – dans l'animation. Pas question ici d'un quelconque changement climatique, ou de réchauffement de la planète, mais un pamphlet aux nombreux versets contre la déraison et l'égoïsme sans limite de l'homme. En réaction, la nature se défend, se protège, se carapace à l'image des titanesques Omus qui, exultant de fureur contre l'humain désormais démuni, vengent leur mère dans un assaut implacable.

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L'homme n'est toutefois pas totalement écarté, car il faudra bien la bravoure, l'intelligence et l'impétuosité de la jeune Nausicaä pour orchestrer l'indispensable réconciliation. Déjà apparaît ce que Miyazaki ne cessera de développer et de chérir : la figure féminine comme meilleure chance de l'homme face au péril. Presque sans famille, mais pas sans attache, Nausicaä concentre en elle à la fois toute l'innocence du jeune âge et tant de traits d'une sagesse adulte trop rare.

Hanté par le spectre atomique et face à l'écrasante bêtise humaine, Nausicaä, au gré de vents agités, détruit l'idéal mécanique et technologique, et prépare la ré-humanisation du monde, indispensable condition à la survie collective.

Par Guillaume Vanneste - Publié dans : Animation
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