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Les Toiles d'Asie, c'est :
  • le cinéma asiatique d'hier et d'aujourd'hui
  • des critiques volontairement synthétiques, qui préservent la curiosité du spectateur
  • nouveau : des analyses thématiques détaillées, pour exploiter le film

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Action

Jeudi 28 septembre 2006

Born To Fight
(2004, Thaïlande)

Réalisé par Panna Rithikrai

Avec : Dan Chupong, Noppul Gomarachun, Santisuk Promsiri

Genre : Action

1h32


Interdit -12 ans 




 



Le Synopsis

Officier de police intègre, Deaw voit son supérieur abbatu par  un homme de main du général Yang lors d'une rafle. Celui-ci prend la fuite avant d'être finalement arrêté par Deaw. Le jeune policier décide de quitter la police : convaincu par sa soeur, il accepte de se mettre au vert et de goûter aux charmes de la campagne thaïlandaise. Mais le répit est de courte durée...


La Critique

Le spectateur était en mesure d’attendre mieux de la part de Panna Rithikrai, révélé par le puissant Ong-Bak, meilleur hit de l’histoire du box-office thaïlandais.

La réalisation très approximative partage la vedette avec un scénario fantomatique. Les scènes de cruauté et de violence gratuite dont le sens nous échappe contrastent outrageusement avec une image niaise de la campagne thaïlandaise. On regrettera la présence abusive de trop nombreuses armes à feu et explosifs en tous genres, qui gâche des chorégraphies de combat à mains nues toutefois appréciables.

La bande son, censée dynamiser d’incessants affrontements, se révèle inutilement agressive et répétitive. A noter également, des ralentis systématiques et peu convaincants, et la détestable propension des ballons de football convertis en projectiles à atteindre leur cible.

Le film donne l’impression d’avoir été tourné avec les moyens des années 70, sans en avoir le charme. Seuls les inconditionnels du genre accepteront de le visionner, à condition encore d’avoir l’œil distrait.


Mention spéciale aux figurants qui se jettent à terre avant les coups de feu censés les tuer.


 


Par G. Vanneste
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Vendredi 29 septembre 2006

Les 8 Diagrammes de Wu-Lang

(1979, Chine)


Réalisé par Liu Chia Liang

Avec : Gordon Liu

Genre : Action

1h33

 

 

 

Le Synopsis

Sous la Dynastie Sung, la famille Yang dirige l'armée impériale qui protége le royaume chinois contre les Mongols. A la suite d'une trahison, Yang Yeh et ses sept fils sont vaincus lors d'une sanglante bataille. Seuls survivants, le 6ème fils perd la raison, tandis que le 5ème se réfugie sur le mont Wu-tai. Rendu furieux par cette tragédie, il veut intégrer un temple bouddhiste dans l'espoir de devenir moine...

 

La Critique

 

On pouvait craindre que ce film ait mal vieilli, il n'en est rien. Le scénario, modeste, laisse la place aux spectaculaires acrobaties de l'impétueux Gordon Liu, vedette de la trilogie de la 36e chambre de Shaolin. Et on ne s'en lasse pas. Les affrontements « seul contre tous » sont légion, ce qui n'aura pas échappé au Quentin Tarantino de Kill Bill. La plupart des combats célèbrent avec virtuosité le maniement ancestral du bâton - et de ses dérivés : bambou, lance, vouge.

La version remasterisée n'ôte rien au charme de l'époque : accords de trompette inopinés, passages tragicomiques, théâtralité de certaines mises en scène. Ajoutons des prises de vue dynamiques, appuyées par des ralentis appropriés, sans excès d'effets spéciaux. Parfois un peu trop de sang, mais cela renforce efficacement la bestialité des combats. On peut toutefois regretter que l'apprentissage bouddhique de la maitrise de soi passe un peu rapidement.


Mention spéciale pour un art perdu de l'arrachage de dents.

 


Par Guillaume Vanneste
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Mardi 3 octobre 2006

The Killer

(1989, Hong-Kong)


Réalisé par John Woo

Avec : Chow Yun-Fat, Danny Lee, Sally Yeh

Genre : Action, Policier

1h47


Int. -16 ans

 



 

Le Synopsis

Un tueur à gages décidé à tourner la page provoque malgré lui, lors de son dernier contrat, la cécité d'une jeune chanteuse. Soucieux de trouver l'argent nécessaire à l'opération de la jeune femme, il accepte un autre contrat.


La Critique

Film culte pour toute une génération d’amateurs de gun fights – comprenez combats d’armes à feu – The Killer semble toutefois avoir pris quelques rides.

Si l’on se laisse porter par un scénario entrainant, en revanche les dialogues assez pauvres et les clichés du genre gênent. Les multiples affrontements armés, dynamiques mais trop préparés, engagent tant de figurants que la réalisation en souffre parfois, tout comme l’impressionnante consommation de munitions laisse circonspect.

Dans ce film très (trop ?) masculin, on saluera la touchante prestation d’une chanteuse devenue aveugle, malheureuse innocente prise dans les flots de la vengeance. Tendresse, nostalgie, amitié, honneur, autant de sentiments qui se mêlent timidement au milieu d’un déluge de feu copieusement servi par un Chow Yun-Fat charismatique et aguerri. Tueur au grand cœur, ce dernier sait conjuguer virilité et émotion avec une finesse que l’on appréciera de retrouver dans ses autres films.

Comme souvent chez John Woo, les symboles – église, cierges, colombes – ne sont pas anodins et évitent de tomber dans la violence gratuite, malgré les effusions de sang. Doté d’une esthétique rarement vue au cinéma jusque là, The Killer se démarque donc à plus d’un titre des autres films du genre, tels que Scarface. Pour le bonheur des nostalgiques de la grande époque du cinéma hongkongais.


Mention spéciale aux acrobates en combinaison blanche.


Par Guillaume Vanneste
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Mardi 17 octobre 2006

Shinobi

(2005, Japon)

 

Réalisé par Ten Shimoyama

Avec : Yukie Nakama, Joe Odagiri, Tomoka Kurotani, Erika Sawajiri

Genre : Action, Drame

1h38








Le Synopsis

Dans le Japon du XVIIe siècle, un homme et une femme de clans opposés vivent secrètement leur passion. Mais après 400 ans de paix, les deux clans sont amenés à se livrer une guerre sanglante, de laquelle seul le meilleur réchappera.


La Critique

Un Roméo et Juliette nippon sans mièvrerie, qui fait la part belle aux sentiments interdits autant qu’aux impitoyables affrontements, pour le plaisir des yeux.

Les personnages à l’écran jouissent d’une forte personnalité, qui fait notamment son œuvre dans les duels, mais aussi dans les touchantes scènes d’amour. L’honneur, la fierté et le don de soi les animent jusque dans leur dernier souffle. Et le spectateur se laisse embarquer sans résistance par un scénario que l’on devine inévitablement tragique, et qui ne cesse de révéler de poignantes surprises.

Les scènes de combats, époustouflantes, mêlent avec grâce et dynamisme les effets spéciaux mesurés aux acrobaties aériennes, pour un résultat d’une netteté esthétique remarquable. A ce titre, les choix de prises de vues permettent des mouvements du plus bel effet, tantôt ralentis, tantôt accélérés. On appréciera la diversité des techniques martiales, et l’acuité des stratégies employées.

La mélodieuse bande sonore sait se faire discrète, rendant ainsi savoureux les dialogues fatalistes, qui trouvent toute leur profondeur dans leur langue originale. L’atmosphère délicieusement mystérieuse, confortée par la pureté des images et la beauté des décors naturels, enveloppe Shinobi d’un charme saisissant à la poésie acérée.

 

Mention spéciale à un regard particulièrement dévastateur.

Par Guillaume Vanneste
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Jeudi 19 octobre 2006

Evil Cult

(1993, Hong-Kong)

 

Réalisé par Jing Wong

Avec : Jet Li, Sing Ngai, Richard Ng

Genre : action

1h39








Le Synopsis

Plusieurs clans et écoles d’arts martiaux s’affrontent pour la possession de deux armes magiques qui leur assureront la suprématie. Au milieu de cette guerre, un jeune garçon voit ses parents mourir. Adulte, il décide de les venger.

La Critique

Les amateurs de films d’arts martiaux en costumes d’époque vont se régaler : Evil Cult exploite subtilement un épisode de la mythologie chinoise en en préservant le mystère.

La réalisation, très rythmée, respecte l’ensemble des codes du genre, même si certains tiqueront devant l’usage d’effets visuels spéciaux, bien que limité. Les nombreux affrontements, qu’ils opposent des armées entières ou des héros aux techniques éprouvées, présentent un dynamisme rehaussé par la beauté des divers costumes et la pertinence des décors. Il en ressort une atmosphère à la fois réaliste et atemporelle qui souligne l’efficacité des choix esthétiques.

En revanche le scénario souffre d’une complexité qui perturbe le spectateur : les multiples intrigues et coups montés entre les clans aux noms alambiqués amènent une accumulation de rebondissements pas toujours très compréhensibles. L’ensemble demeure toutefois très bien construit.

Bien que sous-exploité, l’aspect technique de l’apprentissage des arts martiaux est l’un des points forts de ce film. Mais c’est aussi par son charme indescriptible qu’Evil Cult plait, à l’image de ses  dialogues timides pour lesquels on ne peut s’empêcher de sourire.
 

Mention spéciale à un vieillard qui se met en boule et en fait sa force.

Par Guillaume Vanneste
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