Bienvenue

Les Toiles d'Asie, c'est :
  • le cinéma asiatique d'hier et d'aujourd'hui
  • des critiques volontairement synthétiques, qui préservent la curiosité du spectateur
  • nouveau : des analyses thématiques détaillées, pour exploiter le film

Calendrier

Décembre 2009
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Comédie dramatique

Dimanche 15 octobre 2006 7 15 /10 /2006 11:23

Takeshis’

(2004, Japon)

 

Réalisé par Takeshi Kitano

Avec : Beat Takeshi, Kotomi Kyono, Kayoko Kishimoto

Genre : Comédie Dramatique

1h48







Le Synopsis

Le producteur et acteur Takeshi Kitano mène une vie chargée. Son sosie, un modeste épicier qui tente sa chance dans les castings, bascule dans un monde qui ne distingue plus le rêve et la réalité, les hommes et les acteurs.


La Critique

Ne cherchez ni scénario élaboré ni logique transparente : Takeshis’ ne vous en offrira pas. A la place, il vous transportera dans l’univers implacable d’un réalisateur résolument énigmatique. Pour le plus grand plaisir de vos méninges en déroute.

Fort de son honorable carrière forgée devant comme derrière les caméras, Takeshi Kitano prend le pari audacieux de porter à l’écran un projet mûri pendant plus de dix ans. Il joue sans gène des différents genres, de la comédie au film d’action, en passant par le drame et le film de sabre en costume d’époque. Il en résulte de multiples superpositions : les mêmes scènes, les mêmes situations, les mêmes personnages s’imbriquent sans cesse dans ce chaos poétique fait de destins croisés, subtil mélange de rêverie et de réalité.

N’allez pas croire que l’incompréhension guette : au-delà des apparences volontairement dérangeantes, les multiples symboles poussent à la réflexion, à commencer par le thème du double. Une mise en abyme du rôle d’acteur qui nous emmène sur de sinueux chemins, où les interprétations variées sont libres, et les dérives, toutes permises.

Questionnement profond et vertigineux, Takeshis’ regorge de secrets que les précédents films de Kitano vous aideront à éclaircir, sans jamais les épuiser.

 

Mention spéciale pour une imaginative constellation de coups de feu.

Par Guillaume Vanneste - Publié dans : Comédie dramatique
- Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 26 novembre 2006 7 26 /11 /2006 14:38

Citizen Dog

(2004, Thaïlande)

 

Réalisé par Wisit Sasanatieng

Avec : Mahasamut Bunyaraksh, Sanftong Ket-U-Tong, Sawatwong Palakawong Na Autthaya

Genre : Comédie Dramatique

1h31







Le Synopsis

Bod quitte sa campagne natale pour tenter sa chance à Bangkok. Alors qu’autour de lui les phénomènes étranges se multiplient, il fait la rencontre de la charmante Jin, dont il s’éprend secrètement.


La Critique

Citizen Dog confirme une fois de plus la capacité de l’inclassable cinéma thaïlandais à dérouter ses spectateurs. On aime ou on n’aime pas.

Dès la première minute, le spectateur est plongé dans un univers fantasque où se mêlent les péripéties les plus abracadabrantesques : des casques de moto qui pleuvent du ciel, un ours en peluche bavard maltraité par une petite fille accro à la cigarette, ou encore un amnésique qui lèche tout ce qui lui passe sous le nez. Et au beau milieu de ce capharnaüm féérique, deux amoureux perdus et rêveurs.

Car à travers les nombreux personnages clownesques, Citizen Dog présente les balbutiements d’une jeunesse sans repères et en quête d’idéaux. Mais à l’écran, la frontière est parfois floue entre innocence et naïveté, entre tendresse et mièvrerie. Si les touches délicieusement kitsch confèrent au film tout son charme, elles peuvent aussi lasser. A ce titre, le scénario limite les rebondissements et multiplie les longueurs.

Citizen Dog est à voir comme une parenthèse doucereuse – mais non dénuée d’amertume – dans l’âpreté des temps modernes. Poétique, touchant, idéaliste, le film sait mettre en lumière à quel point la cruauté est sœur de l’espoir. Un espoir déçu, bien souvent.

A mi-chemin entre la comédie de mœurs et le conte, Citizen Dog prête à sourire. Mais sa légèreté, appréciée dans un monde de stress, laisse parfois sur sa faim.

 

Mention spéciale à Kong, le motard fantôme.

Par Guillaume Vanneste - Publié dans : Comédie dramatique
- Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 8 décembre 2006 5 08 /12 /2006 08:44

Millenium Mambo

(2001, Taïwan)

 

Réalisé par Hou Hsiao Hsien

Avec : Shu Qi, Tuan Chun-Hao, Jack Kao

Genre : Comédie Dramatique

1h38

 


 


Le Synopsis

Vicky a tout plaqué pour vivre avec Hao-Hao, qu’elle a rencontré en boite de nuit. La cohabitation est difficile, et le jeune homme la harcèle sans cesse. Elle trouve refuge auprès de Jack, un homme froid et mystérieux.

La Critique

Touchant, intimiste, délicat, Millenium Mambo est une peinture sociale amère et profondément réaliste, qui ne laisse pas insensible.

Shu Qi incarne une jeune fille qui rêve du prince charmant et se retrouve à vivre avec un crapaud arrogant et possessif. Brimée, malheureuse, la fragile Vicky voudrait se soustraire à l’âpreté de cette vie terne qui l’étouffe. Dès lors, toute fuite est bonne : fête, alcool, exil.

La réalisation est résolument axée sur le thème de l’instant présent. Un carpe diem synonyme d’oubli et d’évasion, qui se révèle le geôlier d’une existence décousue en quête de repères. Et pour symboliser cette implacable monotonie qui ronge notre héroïne désabusée, le même geste, encore et toujours : allumer une cigarette devient la lanterne rouge insidieuse dans ce monde maussade et impersonnel.

Les scènes se répètent, se croisent, s’enchevêtrent pour former un canevas révélateur de la détresse humaine. Plans serrés, prises fixes, l’intimité de ces poupées de cire nous est donné à voir sans pudeur. Comme pour nous dire : « mais au fond, êtes-vous vraiment différents ? ». Ajoutons un accompagnement musical qui balance entre techno et sonorités deep ambient mélancoliques, pour un effet appréciable.

Shu Qi livre ici une prestation émouvante, alternant tragique et légèreté. Millenium Mambo est un hymne à l’évasion, dont le réalisme poignant pousse à s’interroger sur ses propres choix de vie.

 

Mention spéciale à un masque de neige.

Par Guillaume Vanneste - Publié dans : Comédie dramatique
- Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 19 janvier 2007 5 19 /01 /2007 09:00

Visitor Q

(2001, Japon)

 

Réalisé par Takashi Miike

Avec : Kenichi Endo, Shungika Uchida, Jun Mutô

Genre : Comédie dramatique

1h24

 

Int. -16 ans


 



Le Synopsis

Dans cette famille de déséquilibrés, le père couche avec sa fille prostituée, le fils humilié par des camarades de classe bat la mère, qui se donne à des hommes pour payer sa drogue. Il n’en faut pas plus pour décider le père d’en faire un documentaire.

 

La Critique

Asiatiquement inspiré du Théorème de Pier Paolo Pasolini, Visitor Q fait partie d’une commande de films ayant pour thème l’amour. Miike en offre une vision éruptive, cinglante, irrationnelle.

Le film déroute d’emblée le spectateur, par une scène d’inceste qui mêle candeur et sentiments de culpabilité. Le ton est donné. Irrévérencieuse et libérée de tout tabou, la réalisation esquisse le portrait de personnages déboussolés et indifférents au monde qui les entoure. Une famille éclatée dont l’hyperréalisme se fait le miroir de notre propre vécu.

Loin de toute pudeur, Miike filme l’obscénité quotidienne, tout en évitant la vulgarité. Les scènes de sexe volontairement ostentatoires tendent vers le masochisme sans pathétisme. A leur côté, une violence gratuite en perpétuel recommencement, véritable source d’inspiration pour un père devenu fasciné par les déboires de son fils.

S’invitant au beau milieu de ce désordre charnel, le « visitor » devient spectateur imperturbable, mettant en lumière des questionnements intimes : liberté de disposer de son corps, rapport à la violence, fondements de la famille, etc. Ajoutons un jeu constant sur les fluides, corporels ou non ; une source d’interrogations parmi d’autres.

Par sa crudité et l’atmosphère déjantée qu’il inspire, Visitor Q préfigure le délire surréaliste Gozu. Une chose est sûre, Takashi Miike n’a pas fini d’exploiter cette voie. Pour le plaisir assuré de ses spectateurs.

 

Mention spéciale à une averse lactée.

Par Guillaume Vanneste - Publié dans : Comédie dramatique
- Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 31 décembre 2007 1 31 /12 /2007 10:25

2006, Corée du Sud

 

Réalisé par Park Chan-Wook

Avec : Lim Soo-Jung, Jung Ji-Hoon

Scénario : Park Chan-Wook

Genre : Comédie dramatique

1h45

Titre original : Saibogujiman kwenchana

 

 

 

 

 


Le Synopsis

Placée dans un hôpital psychiatrique, Young-Goon est persuadée d'être un cyborg, Il-Soon, qui a le talent de voler ce qu'il veut, tombe amoureux de cette fille qui parle aux machines et suce des piles pour recharger ses batteries.

 

La Critique

Le public connaissait Park Chan-Wook réalisateur de thrillers violents et gorgés de rancoeur. Avec Je suis un cyborg, il va rencontrer le grand enfant insouciant qui se cache derrière. 

Parenthèse perturbée dans l'oeuvre de Park Chan-Wook, coincée entre la trilogie de la vengeance et le projet Evil Live, Je suis un cyborg est à la limite de l'inclassable et déroutera sans nul doute les spectateurs qui attendent logique, pragmatisme et scénario solide. Car la grande force du film est précisément de savoir se débarrasser de ces classiques.

On aurait pourtant trop vite fait d'y voir un délire brouillon et facile. Park Chan-Wook instaure une logique dans son film : l'absence de logique. Il y construit un sens : l'absence de sens. Et il y déroule une histoire : l'absence d'histoire. Le film ne saurait se voir comme une suite d'éléments, mais une suite d'absences, de vides, de trous noirs que le réalisateur remplit de scènes incongrues, peuplées de personnages loufoques aux buts incompréhensibles.

Je suis un cyborg ne peut avoir de logique, car il nous plonge dans un monde qui n'en a aucune. Ou plus précisément un monde composé de dizaines de logiques subjectives, car chaque interné a la sienne. Et le public profite ainsi du spectacle visuellement soigné à travers les yeux de plusieurs personnages. En fin de compte, le seul fil conducteur, mené par Il-Soon, ce voleur déguisé en lapin qui veut aider Young-Goon en la confortant dans son rôle de robot, cherche-t-il vraiment à nous ramener à la réalité ?

Des rêveries burtoniennes aux délires lynchéens, l'univers de Je suis un cyborg ne peut être observé avec distance. Il faut y plonger, y goûter, s'y abandonner. Heureux seront ceux qui ont conservé leur âme d'enfant.
















Par Guillaume Vanneste - Publié dans : Comédie dramatique
- Voir les 0 commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés