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Les Toiles d'Asie, c'est :
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  • des critiques volontairement synthétiques, qui préservent la curiosité du spectateur
  • nouveau : des analyses thématiques détaillées, pour exploiter le film

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Animation

Jeudi 5 octobre 2006

Akira
(1988, Japon)


Réalisé par Katsuhiro Ôtomo

Avec Mitsuo Iwata, Nozomu Sasaki, Mami Koyama

Genre : Animation

2h04







Le Synopsis

Dans l'univers apocalyptique d'un Tokyo post-atomique, le jeune Kaneda et sa bande vivent la nuit et se disputent leur territoire avec les autres clans de motards. Tetsuo, un ami de Kaneda, est victime d'un étrange accident lors d'une violente guerre des gangs. Evacué par des militaires, il se retrouve cobaye et reçoit un mystérieux pouvoir psychique qui dépasse sa conscience : le voilà au cœur du projet Akira...


La Critique

Attendu de pied ferme par les fans du manga papier, Akira sait depuis plus de quinze ans combler les attentes des plus exigeants.

Le spectateur est d’emblée frappé par la grande qualité d’image, fluide et percutante, révélant sans concession un débordement de chaos et de perdition matérialisé dans un monde impuissant. Les nombreux effets graphiques sont très appréciables, et les vues, particulièrement vertigineuses. La bande son, modeste, sait joliment faire place aux rugissements angoissants des personnages et des véhicules.

Le mystère parcourt le film sans s’essouffler depuis son début impétueux jusqu’à son apocalyptique fin, qui en laissera plus d’un songeur. Forts d’une personnalité marquée, les différents protagonistes évoluent avec toujours plus de dynamisme et de persévérance dans cet univers violent et multiforme. On accordera malheureusement trop peu d’attention à un scénario très dense, effet de l’acrobatique compilation des 14 tomes originaux ; cependant, certaines surprises bien placées relancent efficacement l'intérêt du spectateur.

Un second visionnage permettra sûrement d’apprécier les multiples lectures que l’on peut faire du film : les symboles ne manquent pas (à commencer par le trauma de l’explosion atomique), et les messages liés à des thèmes aussi variés que l’amitié, les dangers de la recherche scientifique ou encore le mensonge ouvrent à la réflexion. 

Mention spéciale à de terrifiantes peluches.

 

Par Guillaume Vanneste
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Jeudi 14 décembre 2006

Le Tombeau des Lucioles

(1988, Japon)

 

Réalisé par Isao Takahata

Avec : Tsutomu Tatsumi, Ayana Shiraishi, Yoshiko Shinohara

1h24

Genre : Animation













Le Synopsis

Japon, été 1945. Seita, 14 ans, et sa petite sœur Setsuko, 4 ans, sont séparés de leur mère à la suite d’un bombardement. Ils sont recueillis par leur tante, mais cette dernière les juge oisifs et gênants.


La Critique

Référence de l’anime dramatique, Le Tombeau des Lucioles est un conte désabusé et bouleversant qui en dit long sur le traumatisme moral d’une génération désorientée de Japonais.

Le Tombeau des Lucioles, c’est tout simplement l’histoire d’un adolescent que la guerre oblige à devenir adulte, et qui va tout faire pour que sa jeune sœur ne soit pas affectée par les événements de cette sombre époque. L’image, le scénario, la bande sonore sont gérés avec une grande maîtrise pour rendre compte de ce désenchantement.

Les visuels sont conformes à la tradition japonaise, et véhiculent habilement le contraste entre une vie paisible en un lieu reculé et les scènes apocalyptiques de destruction. Pour exprimer l’ineffable, seuls les dessins se montrent à la hauteur. A noter également, de bons fondus et un montage appréciable.

Et c’est par son histoire profondément émouvante que Le Tombeau des Lucioles gagne en sublime. La lente déliquescence d’une situation détestable amène le spectateur à se faire le témoin malheureux de vies écorchées par la guerre. On est touché par cette tension permanente vers la rêverie et l’innocence, comme seule fuite possible en ce monde chaotique.

Isao Takahata livre une vision cruellement humaniste qui fait sans conteste du Tombeau des Lucioles une œuvre majeure du cinéma d’animation japonais. De celles qui vous mettent une boule dans la gorge et les larmes aux yeux.

 

Mention spéciale à un rire enchanteur.

Par Guillaume Vanneste
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Lundi 1 janvier 2007

Appleseed

(2004, Japon)

 

Réalisé par Shinji Arakami

Avec : Ai Kobayashi, Jûrôta Kosugi, Yuki Matsuoka

Genre : Animation

1h40











Le Synopsis

En 2131, humains et bioroïds cohabitent dans la splendide cité d’Olympus. Mais les tensions entre les deux peuples déstabilisent le gouvernement. Une jeune guerrière se retrouve alors au cœur d’un conflit d’envergure.

 

La Critique

Si le mangaka Shiro Masamune s’est fait connaître grâce à Ghost in the Shell et Orion, Appleseed – publié dès 1985 au Japon – contient en germe les grandes questions de son temps.

Le thème majeur est celui du rapport de l’homme à la machine, un rapport d’abord pensé comme une coopération technologique, puis vécu comme une compétition, et détruit dans l’affrontement. A travers ce mouvement – qui inspira de nombreux réalisateurs de tous horizons – l’homme est amené à s’interroger sur son avenir et sa capacité à cohabiter avec un monde fait de câbles et de programmes informatiques.

L’esthétique rageuse fourmille de créations visuelles absolument époustouflantes : la rencontre d’Akira et de Final Fantasy aboutit en un univers riche et profond, qui ne cesse de révéler ses secrets. Une bande son savamment travaillée réunit compositeurs (Ryuichi Sakamoto) et musiciens electro (Paul Oakenfold, Basement Jaxx).

A trop vouloir éviter la linéarité, le scénario se complique parfois. On retrouve ici une difficulté inhérente à l’adaptation de la série manga en anime : réunir une grande quantité d’éléments narratifs en un seul projet. L’ambition est ici récompensée.

Œuvre d’anticipation solide et inspirée, Appleseed est un condensé de création artistique. Le mélange d’anime et d’images de synthèse en fait le pilier du nouveau cinéma d’animation japonais.

 

Mention spéciale à un officier bouillant vite refroidi.

Par Guillaume Vanneste
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Lundi 12 mars 2007

Jin-Roh, La Brigade des Loups

(1999, Japon)

 

Réalisé par Hiroyuki Okiura

Avec : Yoshikazu Fujiki, Sumi Mutoh, Yukihiro Yoshida

Scénario : Mamoru Oshii

Genre : Animation, Drame

1h37

Titre original : Jin-Roh








Le Scénario

Le Tokyo de la fin des années 50 est secoué par de régulières mobilisations organisées par un groupe de rebelles appelé La Secte. Membre de l’unité d’intervention Panzer, Fuse se montre incapable d’abattre une jeune terroriste. Il doit quitter la Panzer.

 

La Critique

Déjà encensé pour Ghost In The Shell, Mamoru Oshii signe un scénario osé, mis en scène et en images par un Okiura au sommet de sa maîtrise artistique.

Dans une ville où rebelles et soldats d’élite se disputent le contrôle des quartiers, on s’attend inévitablement à une intrigue musclée. Et c’est pourtant un scénario à l’exacte opposée que nous offre Oshii. Les combats sporadiques, camouflets de la violence, servent de contraste à une analyse des sentiments humains.

Ainsi alternent affrontements désespérés et réflexions humanistes, alors que s’éveille chez le spectateur une prise de conscience de l’absurdité de la violence. Ici, pas de moralisme infantilisant ni d’exagération outrancière ; jusqu’au bout, l’homme reste homme. Même quand le loup qui sommeille en lui hurle à la mort.

Les visuels témoignent de cet engagement sans concession : s’y mêlent la candeur du dessin à la main et la rugosité d’une animation dynamique. Les personnages dégagent ce qu’il faut de force et de sensibilité pour nous interpeller. Et nous éviter de croire que les années 50 sont loin.

Sur un fond houleux Oshii et Okiura ont esquissé les traits d’une société en danger, où l’homme est moins ce qu’il est que ce qu’on lui demande d’être. Une réflexion juste qui se garde habilement de tout pessimisme.

 

Mention spéciale à une acrobatique ascension de clôture.
Par Guillaume Vanneste
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