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Les Toiles d'Asie, c'est :
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Horreur

Lundi 9 octobre 2006 1 09 /10 /2006 14:09

Tetsuo : The Iron Man

(1988, Japon)


Réalisé par Shinya Tsukamoto

Avec : Tomoro Taguchi, Nobu Kanaoka

Genre : Fantastique, Horreur

1h07

 

Int. -16 ans






Le Synopsis

A la suite d’un accident de voiture, un homme voit son corps se transformer contre son gré : des détritus métalliques prennent le contrôle de son organisme et le font sombrer dans la folie.


La Critique

Âmes sensibles, passez votre chemin ! Sang, sexe et abominations sont les composantes de cet univers morbide et cauchemardesque duquel la raison et l’espoir ont fuit depuis longtemps.

La lente métamorphose du personnage principal est accompagnée de souffrances sans nom dont le rendu à l’écran est saisissant. Les paroles sont rares, là où seuls les cris et la douleur expriment l’ineffable, et l’œil n’en est que plus attentif au macabre déluge de ferraille envahissante. Peu à peu, câbles, barres et autres plaques de métal fusionnent avec la chair humaine pour donner naissance à une forme organique terrifiante, fascinante allégorie du combat de l’homme et de la machine.

Les plans serrés alternent efficacement avec les prises de vue vertigineuses, contraste angoissant renforcé par l’usage du noir et blanc. Les sonorités industrielles créent une atmosphère définitivement sombre et viennent parachever ce dérangeant tableau de la nature humaine aux prises avec ses idéaux de performance.

Shinya Tsukamoto signe là une œuvre résolument underground, qui marquera l’esthétique des jeunes réalisateurs japonais de son époque, et l’esprit de ses spectateurs hébétés.

 

Mention spéciale pour un début de conversation téléphonique notablement cyclique.


Par Guillaume Vanneste - Publié dans : Horreur
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Mercredi 25 octobre 2006 3 25 /10 /2006 10:58

Ebola Syndrome

(1996, Hong-Kong)

 

Réalisé par Herman Yau

Avec : Anthony Wong Chau-Sang, Yeung Ming Wan, Fui-On Shing

Genre : Horreur

1h37


 

Int. -16 ans

 

 


Le Synopsis

Un cuisinier violent doublé d’un obsédé sexuel fuit Hong-Kong après avoir tué son patron et la femme de celui-ci. En Afrique, il contracte le virus Ebola, qu’il va répandre dans son entourage de toutes les manières possibles.


La Critique

Ebola Syndrome s’adresse avant tout aux amateurs de cannibalisme, de viols et de sang. Autant dire que nombreux sont ceux qui ne sauront supporter les visions d’horreur sur lesquels se construit le film.

De la première à la dernière minute règne une violence primaire et visuellement dérangeante : meurtres gratuits, viols, provocations s’agglomèrent dans le sang et la fureur, jusqu’à produire chez le spectateur un désagréable sentiment nauséeux. Les moyens techniques limités conduisent à une réalisation rude, au rythme saccadé et répétitif, qui nous plonge dans le cauchemar d’un individu dont va bientôt dépendre le sort de toute la planète.

Cet exécrable anti-héros se révèle être l’incarnation de tout ce que la morale condamne, et on le suit dans son sanglant périple, avec le plus de détachement possible. C’est dans son art culinaire qu’il excelle : le cannibalisme est filmé avec une impassibilité qui contraste de manière angoissante avec les accès de fureur du criminel. On ne s’attardera pas sur le scénario linéaire et les dialogues outrageusement vulgaires, qui sont ici autant de prétextes à la violence.

Si la réalité dont s’inspire Ebola Syndrome est peu crédible, ses aspects spectaculaires font froid dans le dos. Et il y a fort à parier qu’à l’avenir vous serez un peu plus méfiant à l’égard des plats douteux que l’on vous proposera…

 

Mention spéciale à une préparation de hamburgers à la chaîne.

Par Guillaume Vanneste - Publié dans : Horreur
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Vendredi 27 octobre 2006 5 27 /10 /2006 11:41

Audition

(2002, Japon)

 

Réalisé par Takashi Miike

Avec : Ryo Ishibashi, Eihi Shiina, Jun Kunimura

Genre : Drame, horreur

1h51

 


Int. -16 ans




Le Synopsis

Un producteur de films perd son épouse emportée par la maladie. Quelques années plus tard, son fils le convainc de refaire sa vie avec une autre femme. Aidé par un ami, il organise une audition pour choisir une jeune fille, sans savoir ce qui l’attend.

La Critique

Premier film de Takashi Miike à voir le jour sur les écrans français, Audition permet de mesurer l’ampleur des talents asiatiques en matière de film d’angoisse.

Ne vous laissez pas abuser par le calme apparent : derrière la candeur et l’innocence se terrent les pulsions les plus destructrices. La première partie construit posément l’intrigue, et nous permet de découvrir les personnages centraux, dont on admirera la profondeur du jeu. Par la suite, la superposition de scènes clés nous entraîne dangereusement vers un univers surréel où l’effroi remplace la perception sensorielle.

Le silence baigne le film dans une ambiance trompeusement sereine : au fil des plans visuels énigmatiques, la tension s’accroit jusqu’à son explosion paroxystique en une torture froide et méticuleuse. Les angles de vues sont soigneusement choisis, les décors, récurrents et minimalistes.

On observera avec quelle subtilité le désir est constamment lié à la souffrance, une relation qui nous est ici durement rappelée. Le film, au-delà de sa violence visuelle, se présente également comme une sanglante dénonciation des comportements machistes et de la conception de femme-objet.

Audition est un aller simple pour la terreur, que l’on souhaite irréelle au point de détourner le regard. Nette et efficace, la maîtrise de l’image et du scénario ne laissera personne indifférent.

 

Mention spéciale pour une langue vivace.

Par Guillaume Vanneste - Publié dans : Horreur
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Samedi 13 janvier 2007 6 13 /01 /2007 09:00

Shutter

(2004, Thaïlande)

 

Réalisé par Banjong Pisanthanakun & Parkpoom Wongpoom

Avec : Ananda Everingham, Natthaweeranuch Thongmee, Achita Sikamana

Genre : Horreur

1h29

 

Int. -16 ans







Le Synopsis

De retour d’un mariage, Tan et Jane renversent accidentellement une jeune femme et prennent la fuite. Alors qu’ils cherchent à oublier l’incident, Tan observe de curieuses marques sur les photos qu’il prend.


La Critique

Souvent comparé à ses cousins japonais Ring ou La Mort En Ligne par l’intensité horrifique qu’il dégage, Shutter poursuit avec brio ce courant cinématographique dans lequel technologie et frissons vont de paire.

Shutter recourt aux deux grandes ressources du genre : l’horreur visible, qui fige le spectateur par son aspect insidieux et inévitable ; et l’angoisse suggérée, construite sur une succession d’images mystérieuses et troublantes. L’équilibre entre les deux dimensions est parfaitement maîtrisé, conforté par un montage saccadé, qui sait conjuguer prises de vues millimétrées et couleurs travaillées.

Le scénario joue lui aussi de plusieurs aspects : à la réalité du présent viennent se superposer les souvenirs dérangeants et les cauchemars sur l’avenir. Un traitement volontaire irrégulier de la chronologie permet de maintenir le suspense et d’offrir un dénouement surprenant.

Shutter trouve sa légitimité dans la rencontre de deux mondes, l’univers intime d’un couple qui tente de surmonter sa culpabilité ; et la traditionnelle superstition liée aux esprits. Une recette déjà ancienne, mais ici exploitée avec finesse et profondeur. Les silences et l’obscurité servent merveilleusement une atmosphère à vous couper le souffle.

Par sa puissance visuelle et sa qualité scénaristique, Shutter se pose en nouvelle référence du genre. Un succès bienvenu pour le cinéma thaïlandais, encore trop souvent inégal.

 

Mention spéciale à un porte-malheur moqueur.

Par Guillaume Vanneste - Publié dans : Horreur
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Mardi 6 mars 2007 2 06 /03 /2007 09:00

Ring

(1997, Japon)

 

Réalisé par Hideo Nakata

Avec : Nanako Matsushima, Miki Nakatani, Hiroyuki Sanada

Scénario : Hiroshi Takahashi

Genre : Frissons

Titre original : Ringu

1h34

 

Int. -12 ans



Le Synopsis

Une rumeur court au sujet d’une cassette vidéo maléfique : quiconque la regarde voit sa mort annoncée pour dans sept jours. Après la mort mystérieuse de sa cousine, la journaliste Reiko Asakawa cherche à percer le secret de l’enregistrement.

 

La Critique

Source de plusieurs suites et remakes américains, inspirateur de films à suspense tels que Kaïro, La Mort en Ligne ou encore Ju-On, Ring est vite devenu un phénomène cinématographique et un pilier du renouveau du genre au Japon.

Si le projet Ring est avant tout l’adaptation à l’écran du roman homonyme de l’écrivain à succès Koji Suzuki, c’est également un brillant hommage au cinéma d’horreur des années 50-60, qui puise ses racines dans les contes traditionnels chinois. Une dimension quasi mythologique qui prend ici toute son envergure.

Certes, les visuels ont pris quelques rides et les dialogues témoignent d’une relative naïveté scénique. Mais la grande force de Ring – encore intacte à ce jour – se trouve dans la gestion maîtrisée de la tension : l’attente croît, lascivement, insidieusement, jusqu’à provoquer une insoutenable sensation d’étouffement.

Bien que parfois décousue, la trame scénaristique maintient le spectateur en alerte. Le mystère est ainsi préservé habilement, avalant sans crier gare les protagonistes qui le bravent. L’atmosphère glauque et humide est efficacement renforcée par une bande son grinçante du plus horrible effet.

Simple dans sa réalisation, Ring construit un univers glacial et intimiste, aux frontières du réel. Ses nombreux successeurs, qui lui doivent beaucoup, sauront lui rendre hommage. Qui sème la terreur récolte le succès.

 

Mention spéciale à de terrifiants visages figés.

Par Guillaume Vanneste - Publié dans : Horreur
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