Drame

Dimanche 25 avril 2010 7 25 /04 /Avr /2010 12:35

Corée du Sud, 2001failan-poster.jpg

Réalisé par Song Hae-sung

Avec Choi Min-sik (Shiri , Ivre de Femmes et de Peinture , Old Boy , Lady Vengeance ), Cecilia Cheung

Genre : Drame

★★★☆☆

 

 

 

 

 

 

 

 

Synopsis – A la mort de ses parents, la jeune Failan espère retrouver sa tante en Corée. Quand elle apprend que celle-ci a déjà quitté le pays, elle décide de s'installer et de trouver du travail. Sans papiers, elle accepte un mariage arrangé avec Kang-jae, un gangster local en difficulté.

Critique – Nouvel exemple de la tendance coréenne du mélange des genres, Failan ose associer la romance au banditisme, le comique au drame, et renverse des positions que l'on croyait établies, emportant dans le flot des personnages somme toute fragiles et touchants.

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Fort de ses prestations remarquées dans The Quiet Family et Shiri, Choi Min-sik continue de gravir la pente de son irrésistible succès, campant un mafieux vieillissant, au comportement gamin et brutal. Parce qu'il a échoué quand d'autres de son âge prenaient les rênes des clans, cet homme de main empoté et alcoolique se retrouve rapidement en marge d'un monde dont la modernité le laisse sans défense.

Son but, c'est Failan qui lui donne. La fluette émigrée trop polie qui rêve et s'épuise à la tâche dans l'espoir vain d'un jour le voir, lui parler, partager avec lui cet avenir immense et incertain. Les coups du sort pleuvent, et dans cet univers où le pire est toujours sûr, chacun lutte, d'abord timidement puis avec force, contre la fatalité.

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Le scénario use, pas toujours avec précision, de croisements dans la temporalité, qui ne suffisent toutefois pas à dynamiser le tout. Il manque quelque chose pour faire exploser le cadre étriqué du roman adapté, et si le jeu du couple central est efficace, les autres personnages, poussifs, manquent cruellement de saveur. A cela s'ajoute une réalisation par moment inégale, signe d'un XXIe siècle coréen encore balbutiant, et qui a tant à offrir.

Doux-amère, usant adroitement de contrastes entre l'emportement maladroit d'un romantique prisonnier d'un corps de brute et la délicate candeur d'une idéaliste besogneuse, Failan aurait pu, libéré de ses longueurs, aurait dû, avec plus de rigueur, constituer un modèle.

Par Guillaume Vanneste - Publié dans : Drame
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Vendredi 19 mars 2010 5 19 /03 /Mars /2010 09:00

 

Japon, 2003samourai du crepuscule poster

Titre original : Tasogare seibei

Réalisé par Yoji Yamada

Avec : Hiroyuki Sanada (Ring), Rie Miyazawa, Tetsuro Tamba

Genre : Drame

 

 

 

 

 

 

 

 

Synopsis – Seibei Iguchi, un samouraï rabaissé par ses pairs, doit s’occuper de ses filles et de sa vieille mère depuis le décès de sa femme. Il retrouve son ambition de guerrier lorsque la belle Tomoe, son amie d’enfance, lui demande de la protéger face à son ex-mari violent.

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Critique – Adapté d’une nouvelle de Shuhei Fujisawa et premier opus d’une « trilogie d’époque » menée par Yoji Yamada, Le Samouraï du Crépuscule porte un regard nouveau sur le quotidien de ces guerriers mythiques.

Prenant le contre-pied des traditionnelles réalisations gorgées de violence, le film s’immisce dans la vie d’un samouraï croulant sous les responsabilités familiales et les dettes. Avec humilité mais aussi avec dynamisme, le film décrit une réalité poignante, où l’humanité et la sensibilité détrônent l’arrogance et la cupidité.

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Car Iguchi est un homme avant d’être un samouraï. Lui qui se rêve paysan, pêcheur, savourant la floraison des azalées se heurte à sa condition pauvre et aux railleries. Il se révèlera pourtant plus mûr que les autres sabreurs, à qui il offrira une leçon de bravoure. Ce samouraï baptisé Crépuscule pour ses airs taciturnes est également le témoin d'une époque qui s'épuise et s'éteint, irrémédiablement.

A chaque instant, les visuels composent une atmosphère délicate et prenante, un décor qu'Iguchi traverse en renouant avec des sentiments oubliés. Même les affrontements physiques sont vécus comme des épreuves de sagesse autant que d’habileté. Dignité et retenue des personnages confèrent à la réalisation une dimension qui rappelle les films de sabre dont elle s'inspire avec subtilité, pleins de mélancolie et de théâtralité.

 

Article original publié le 16 mars 2007, mis à jour le 19 mars 2010.

Par Guillaume Vanneste - Publié dans : Drame
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Samedi 20 février 2010 6 20 /02 /Fév /2010 18:58
Corée, 2001ivre-de-femmes-et-de-peintures-poster.jpg
Titre original : Chi-hwa-seon
Réalisé par Im Kwon-teak
Avec Choi Min-sik (Shiri, Old Boy, Lady Vengeance), Ahn Sung-kee (Arahan), Yu Ho-jeong (Je Suis un Cyborg)
Genre : Drame














Synopsis – Corée, deuxième moitié du XIXe siècle. Une époque trouble, un pays instable, un peuple soumis. Au milieu, « Ohwon » Jang Seung-up, un peintre dont la maîtrise artistique n'a d'égale que la passion de l'alcool et des femmes.

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Critique – Im Kwon-taek, malgré une centaine de films depuis 1962, ne se fait connaître en Europe qu'au début des années 2000. A la projection d'Ivre de Femmes et de Peintures, on se rend rapidement compte du talent dont on s'est privé depuis tant d'années.

Très vite, Ohwon comprend qu'il n'est pas comme les autres. Toute sa vie, des personnes bien ou mal intentionnées s'emploieront à le faire rentrer dans le moule exigu de la norme sociale et culturelle. Il fait le dur apprentissage des règles, sous l'œil rigoureux des maîtres qui cachent derrière leur autorité polie une inavouable stupéfaction face à ses dons. L'élève prend le dessus sur ses mentors, et de copiste reconnu il devient le génie que l'on copie et dont les plus grands s'arrachent les œuvres. Sa peinture est à son image : unique, puissante, imprévisible.

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La vie d'Ohwon – et par conséquent la vision que nous en livre Im Kwon-taek – est un parcours initiatique. Sur la longue route du succès, l'ivresse n'est pas faite que de peinture, mais aussi de femmes et d'alcool. Ce triptyque catalyse, mêle et fait éclater les passions : gloire, échec, joie, tristesse. Ohwon passe de l'un à l'autre, son être comme son pinceau est en mouvement permanent, et ce mouvement de l'âme, immodéré, fait écho à celui du corps, qui jamais ne trouve sa place. Le roturier est courtisé par les nobles en raison de son talent, mais il n'en reste pas moins indigent, obligé à errer, fuir, se cacher.

Choi Min-sik excelle dans ce rôle d'artiste bohème, alcoolique et colérique, qui admire les femmes autant qu'il les craint. Sa prestation physique conjugue habilement flegme et déchainement, rendant le personnage incomparable pour son époque et son milieu.

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L'indescriptible puissance d'Ivre de Femmes et de Peinture est dans la correspondance-même entre l'œuvre du peintre et celle du réalisateur. On ne compte plus les plans majestueux d'une beauté rare, que l'on prendrait pour des tableaux si le vent ne venait agiter les cerisiers en fleurs, si une silhouette sombre ne s'y mouvait. Jang Seung-up envahit littéralement le film, et Im Kwon-taek de fondre en un furieux panorama l'art, l'artiste, et l'émotion.

Par Guillaume Vanneste - Publié dans : Drame
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Dimanche 7 février 2010 7 07 /02 /Fév /2010 16:11
Corée du Sud, 2009mother.jpg
Titre original : Madeo
Réalisé par Bong Joon-ho (Memories of Murder, Antartic Journal)
Avec : Kim Hye-ja, Won Bin
Genres : Drame, Thriller















Synopsis – Do-joon, un simple d'esprit de 28 ans, est accusé du meurtre d'une lycéenne. Sa mère, qui ne le croit pas capable d'un tel acte, n'a alors plus qu'une idée en tête : démontrer par tous les moyens l'innocence de son fils.

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Critique – Que le spectateur soit prévenu : le film n'a rien du thriller classique. Pas de course-poursuite haletante, pas de fusillade avec les forces de police, pas de tueur légendaire dont la presse se repaît. Le film coule comme la pluie sur les toits, noire, bruyante, obsédante.

Déjà avec Memories of Murder (2003), Bong Joon-ho avait apporté un éclairage neuf au polar. A nouveau, la police aux méthodes rustres est tournée en ridicule. A nouveau, l'enquête est bâclée. Qu'il est facile d'accuser un jeune homme simplet, qui dort avec sa mère et perd la mémoire !

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Dans le rôle de la mère, Kim Hye-ja est magistrale. Son visage creusé par les ans cache bien l'hystérie protectrice qui anime son personnage. Car le spectacle, en vérité, est à l'intérieur. Si dans The Host Bong Joon-ho avait fait le choix de rendre visible aux yeux de tous le malheur et la ruine semés par un monstre insatiable, il concentre ici, dans Mother, toute la souffrance au plus profond de son personnage central.

L'intrigue s'efface, se fond dans le personnage de la mère, cette mère sans nom car identique à toute mère qui protège son enfant. Elle-même change, se transforme, mais le monstre reste à l'intérieur, personne ne doit voir la mue qui s'opère dans l'esprit de cette calme et chétive vieille femme. Il n'y a nul répit dans cette épreuve pour ceux qui y sont engagés malgré eux. Le quotidien rassurant laisse bien vite la place à des scènes sombres où la pluie, les autorités, le malheur harassent ceux qui luttent pour leur honneur, leur intégrité, leur vie.

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La question sur laquelle repose Mother nous apparaît, inévitable, au fur et à mesure de cette bataille contre le doute : que sommes-nous prêts à perdre pour autrui ? Rongée par l'impuissance, frappée par la culpabilité, la mère conserve une foi inébranlable en ce qui devient sa mission, quitte à franchir les limites interdites par la loi et la morale. A quel enfermement consentons-nous pour libérer ceux que nous aimons ? L'impossible réponse est ici mise en scène avec brio, violente, impitoyable. L'ultime touche du film apparaît, en regard, décevante par son excès malvenu d'optimisme. Ou est-ce tout simplement de l'espoir ?

 

Par Guillaume Vanneste - Publié dans : Drame
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Lundi 21 juillet 2008 1 21 /07 /Juil /2008 23:57
1997, Japon

Réalisé par Sogo Ishii

Avec : Tadanobu Asano, Kotomi Kyono

Scénario : Sogo Ishii

Genre : Drame

1h30


 


 


 


 




Le Synopsis

Japon, années 30. Tomiko est poinçonneuse dans une compagnie de bus. Elle se retrouve à travailler aux côtés de Niitaka, l'ex-fiancé de son amie Tsuyako, disparue dans de mystérieuses circonstances. Malgré ses soupçons, Tomiko tombe sous le charme du jeune chauffeur.


La Critique

Les premières scènes paraissent si mal assemblées que l'on craint la sortie de piste, l'amateurisme sans saveur, un autre drame social lénifiant. L'intrigue se dévoile timidement, entrecoupée de scènes hallucinées que l'on peut juger par moment inopportunes ou bancales. Les effets de répétition peuvent lasser, une fadeur s'installer.

Pourtant, l'exigence de l'image associée à un goût prononcé pour la tradition cinématographique japonaise nous invitent à dépasser cet écran de fumée. En particulier, Tadanobu Asano surprend en amant mystérieux un brin suicidaire, et rappelle certaines figures des productions des années 50.

Le film se construit pièce par pièce, comme un casse-tête poétique en noir et blanc, et les éléments s'ajustent, s'imbriquent, s'entrechoquent parfois, pour former une bulle hermétique. Et c'est là l'inévitable reproche qu'il faut adresser à Yume no ginga : en enveloppant sa narration d'une esthétique formalisée, le film devient un objet entier mais clos, qui ne dévie pas de ses rails, au risque de laisser nombre de spectateurs sur le quai.

Au final, Yume no ginga est à voir comme une succession de scènes ou plus précisément de tableaux, tant l'immobilisme s'impose dans les vues comme dans les silences. Réalisation somnambulique, photo éthérée, le songe dérange dans sa forme et ravit ceux qu'il n'endort pas.




Ne manquez pas :
> Tadanobu Asano dans : Ichi the Killer, Jellyfish, Takeshis', Vital
> Kotomi Kyono dans : Takeshis'





Par Guillaume Vanneste - Publié dans : Drame
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